19 novembre 2019
Atteint d'un cancer depuis plus de 10 ans
Le bénévole dévoué Alain Racine n’est plus
Par: Katy Desrosiers

Avec les années, Alain Racine avait convaincu plusieurs membres de son entourage à participer au Défi, dont sa fille Marie-Claude et son fils Patrice. Photo gracieuseté

Alain Racine (à droite) s'impliquait dans l'organisation de l'événement et vendait beaucoup de billets pour amasser des fonds avec son acolyte Jocelyn Traversy. Photo gracieuseté

Alain Racine était un citoyen grandement impliqué dans le monde communautaire de la région, entre autres pour le Centre d’action bénévole (CAB) du Bas-Richelieu. Atteint d’un cancer de la prostate depuis une douzaine d’années, l’homme a choisi l’aide médicale à mourir pour mettre fin à ses souffrances le 10 novembre, à l’âge de 70 ans.

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« Il a subi des traitements toutes ces années, mais le cancer n’a jamais quitté son corps. […] C’est revenu à la surface dans les deux dernières années. […] Pendant tout ce temps, il faisait partie du Club cycliste Les 2HP et il participait au Défi Vélo Lussier. Il ne s’est jamais plaint de sa douleur », souligne son fils, Patrice Racine.

Il décrit son père comme une personne qui faisait du bien et qui a donné tout ce qu’elle pouvait pour sa communauté.

Depuis septembre, M. Racine a été hospitalisé trois fois. La dernière, il a demandé l’aide médicale à mourir. La demande a été placée le jeudi 7 novembre. Son souhait a été exaucé trois jours plus tard.

« Il m’a surpris par sa force. Combien de fois on lui a demandé « T’as pas peur Alain? » Il disait qu’il était prêt. Dans l’ensemble, il était très serein. […] Il a souri jusqu’à la dernière minute. On s’est couché à côté de lui et on lui a dit combien on l’aimait. Il disait qu’il était pour venir nous chatouiller les orteils. Il a eu de l’humour jusqu’à la fin. C’était un bon vivant », ajoute la femme du disparu, Denise Racine.

Elle et son fils reconnaissent le travail du personnel soignant de l’Hôtel-Dieu et de la médecin qui est venue de l’extérieur pour réaliser l’acte médical qui a permis à Alain Racine de partir paisiblement.

Mme Racine souhaite que cette expérience puisse aider ceux qui pourraient vivre la même chose. « Il ne faut pas avoir peur d’accompagner une personne qui veut vivre ses derniers moments. […] Il ne faut pas abandonner les personnes qui veulent vivre ça, c’est leur choix et ça se passe très bien », précise la femme.

Une implication hors norme

Alain Racine était grandement impliqué auprès du CAB comme avec le Grand McDon, le Concert de Noël avec l’Harmonie Calixa-Lavallée et la guignolée. Il était administrateur depuis 1997.

Il était aussi un bénévole et un participant aguerri du Défi Vélo Lussier, auquel il a participé à neuf reprises. L’événement sert à amasser des fonds pour aider les gens plus démunis qui sont atteints du cancer.

« S’il y en avait un qui comprenait pourquoi on roulait et qu’on amassait des fonds, c’était bien lui », mentionne son fils.

Cet été, les médecins lui avaient interdit de participer au défi complet. Cependant, un culot de sang lui a été administré pour qu’il puisse faire quelques kilomètres à la fin. Puisque l’homme était très discret sur sa maladie, c’est à ce moment que ses collègues cyclistes ont su que sa santé dépérissait.

« Pour le Défi Vélo, c’est un pilier qu’on perd, et pour le CAB, c’est un administrateur hors pair. […] Il donnait son 100 %, quelle que soit la cause.[…] Ce que je retiens, c’est sa passion », souligne le président du conseil d’administration du CAB, Frédéric Cournoyer.

« La semaine avant (le défi), il faisait nos commissions. […] La veille, des gens partent pendant huit heures pour faire le parcours, installer des pancartes. Il y allait. Ensuite, il faisait le défi et le lendemain, il démontait le parcours. On lui disait de slacker, mais il ne voulait pas. Il disait qu’il se reposerait la semaine suivante », ajoute M. Cournoyer.

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