4 février 2016
L’avocat d’André Pépin demande une peine de 10 ans pour son client
Par: Sarah-Eve Charland
L’avocat d’André Pépin demandait une peine de 10 ans, alors que la Couronne demande 21 ans. Il a finalement eu 13 ans et demi de prison, mais la détention préventive ne comptera pas à 2 jours pour 1. | Gracieuseté - SQ

L’avocat d’André Pépin demandait une peine de 10 ans, alors que la Couronne demande 21 ans. Il a finalement eu 13 ans et demi de prison, mais la détention préventive ne comptera pas à 2 jours pour 1. | Gracieuseté - SQ

André Pépin, reconnu coupable de 29 chefs d’accusation dont la plupart à caractère sexuel, devrait recevoir une sentence selon la jurisprudence des années 90, exige son avocat Luc Forcier, qui demande une peine de 10 ans.

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M. Pépin a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur neuf victimes, entre 1993 et 2013.

La procureure de la Couronne, Geneviève Beaudin, a quant à elle soumis une suggestion d’une peine de 21 ans de prison dont on soustrait le temps de détention préventive. Au final, le temps d’incarcération demandé serait de 18 ans et trois mois.

« La demande de ma consœur est déraisonnable », a affirmé Me Forcier lors de ses représentations sur sentence le 28 janvier 2016 au palais de justice de Sorel-Tracy. Il a plaidé pendant près d’une demi-heure pour valoir les droits de son client.

L’avocat de la défense a dénoncé les « incuries » de la Couronne. « Elle possédait plusieurs éléments de preuve depuis plusieurs années sans déposer des chefs d’accusation. C’est imputable au tribunal et non à mon client. Il ne faut pas que mon client paie pour les incuries de la Couronne. L’accusé a le droit constitutionnel d’être sentencé selon la jurisprudence de l’époque où les méfaits ont été commis », croit Me Forcier.

Il demande également à ce que la détention préventive soit calculée un jour pour deux. L’accusé est détenu depuis avril 2013.

Délinquant sexuel

Alors que la procureure de la Couronne demande à ce que M. Pépin soit enregistré au registre des délinquants sexuels dangereux en se basant sur une expertise sexologique, l’avocat de la défense exige une contre-expertise. Il n’a toutefois pas réussi à joindre un expert depuis le dépôt du premier rapport en novembre 2015.

« Je comprends qu’une contre-expertise fasse partie d’un argumentaire plein et entier. D’un autre côté, le dossier traîne. Il faut que l’accusé soit sentencé rapidement », a argumenté Me Beaudin.

Le dossier de M. Pépin est revenu 38 fois sur le rôle du palais de justice de Sorel-Tracy à ce jour.

Le juge Denys Noël a accordé un délai. Me Forcier devra se prononcer sur la tenue ou non d’une contre-expertise le 29 mars.

« Je vais commencer à réfléchir sur vos arguments. On verra si l’avocat demande une contre-expertise ou non à cette date. Je tâcherai de rendre ma décision rapidement par la suite. Je veux que le dossier avance », a conclu le juge.

Rappelons qu’André Pépin a drogué certaines des victimes à leur insu afin d’obtenir des faveurs sexuelles. Dans d’autres cas, il proposait du cannabis en échange de relations sexuelles. L’homme de 59 ans a déjà purgé 23 mois de prison pour des crimes semblables survenus au début des années 90.

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