17 mai 2018
La sécurité resserrée chez Rio Tinto Fer et Titane
Par: Sarah-Eve Charland

L'entreprise Rio Tinto Fer et Titane a entamé une grande réflexion sur la sécurité au travail à la suite de l'accident mortel du 26 avril. (Photo : Archives/Pascal Cournoyer)

Près de deux semaines après l’accident tragique sur le complexe métallurgique de Rio Tinto Fer et Titane, les règles de sécurité ont été grandement resserrées. Les syndicats et l’entreprise ont entamé une grande réflexion afin de diminuer les risques d’accident.

L’entreprise a rencontré l’ensemble des travailleurs durant la semaine suivant l’accident afin d’établir une liste de préoccupations ou de risques observés par ces derniers. Toutes les opérations avaient cessé au complexe métallurgique avant une reprise progressive plusieurs jours après l’incident.

« On a demandé d’avoir ces notes pour qu’on puisse les traiter et les analyser sur le plancher. Des fois, les travailleurs ne voient plus certaines mauvaises habitudes justement parce qu’ils le font par automatisme », affirme le président de la section locale du Syndicat des Métallos, Patrick Sarrazin.

Même si ce syndicat qui représente les travailleurs de l’usine des poudres a déjà fait des recommandations dans le passé concernant la sécurité au travail, il se montre tout de même satisfait de la façon dont Rio Tinto Fer et Titane a géré la situation.

« Notre employeur prend le temps de mettre les choses en place. En attendant, on met des mesures temporaires pour protéger nos travailleurs. Si on identifie un risque, il y a deux solutions. Soit on rectifie la situation avant de remettre en fonction cette tâche ou bien on exécute la tâche à distance en retirant le travailleur de la zone de risque », ajoute le représentant syndical en prévention, Cédric Joly.

« Changer quelque chose dans une usine, c’est complexe. Ça prend du temps, mais il faut le faire. […] On ne veut pas en perdre un autre », poursuit M. Sarrazin.

Depuis le 27 avril, les opérations sont au ralenti à l’usine des poudres. Actuellement, le syndicat estime que l’usine roule entre 30% et 40% de la pleine capacité. « On est dépendant de l’autre usine. Je crois qu’ils ont de la difficulté à relancer les opérations. On n’a pas reçu de poche liquide depuis le 27 avril. On nous a mentionné qu’on n’en recevra pas avant mercredi prochain [23 mai]», mentionne M. Sarrazin.

Les travailleurs à l’usine des poudres reçoivent des poches liquides d’acier qu’ils transforment grâce à une coulée en haute pression en poudre.

L’accident est survenu le 26 avril. Le jeune homme de 28 ans, Francis Lalancette, qui était à l’emploi d’une entreprise sous-contractante, est décédé d’un grave accident de travail. À l’heure actuelle, on ne connaît pas encore les circonstances des événements. L’entreprise a ouvert une enquête interne. La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a aussi ouvert une enquête.

« Il n’y a aucun élément nouveau. L’enquête suit son cours », précise la porte-parole de la CNESST, Héloïse Bernier-Leduc.

Rio Tinto Fer et Titane avare de commentaires

Le Syndicat des ouvriers du Fer et du Titane n’a pas voulu commenter. Son président François Nadeau préfère rencontrer l’ensemble de ses membres avant d’émettre des commentaires publics.

Rio Tinto Fer et Titane et son nouveau directeur général Guy Gaudreault ont aussi refusé d’accorder une entrevue à deux reprises à notre journaliste. M. Gaudreault a plutôt laissé sa porte-parole, Claudine Gagnon, nous envoyer une brève déclaration nous mentionnant que l’entreprise veut se concentrer sur les opérations, la santé et la sécurité.

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