4 février 2020
La sécurité et la productivité au sommet des priorités chez Rio Tinto Fer et Titane
Par: Jean-Philippe Morin

Le directeur général de Rio Tinto Fer et Titane, Guy Gaudreault, a livré une conférence devant des membres de la Chambre de commerce, le 30 janvier. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) a connu une année record en 2019 en termes d’investissements, soit 148 M$. L’entreprise soreloise entend poursuivre dans la même veine en 2020 en ne perdant pas de vue les objectifs financiers ambitieux et la sécurité de ses travailleurs.

Publicité
Activer le son

C’est ce qu’a révélé le directeur général de RTFT, Guy Gaudreault, à l’occasion d’un déjeuner-conférence de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy, le 30 janvier, au Cabaret Les Années folles. Il y était pour présenter non seulement le bilan 2019 de l’entreprise, mais aussi les perspectives de 2020.

« En 2019, nous avons reconstruit trois fours de réduction, c’est un record. Ce n’est jamais arrivé avant. En plus, il y a eu le renouvellement de quatre conventions collectives. C’était un sujet très important à la fin de 2018. On voulait prouver que tout le monde était derrière notre plan de cinq ans et c’est le cas », a souligné M. Gaudreault.

Dans ce plan quinquennal, Rio Tinto Fer et Titane souhaite réussir à produire la tonne à 430 $ d’ici 2023. En 2018, RTFT la produisait à environ 700 $ la tonne pour diminuer à 600 $ en 2019. En ce moment, l’entreprise la produit à 545 $.

« Cette progression est importante, surtout qu’on n’est pas à l’abri de fluctuations économiques. Quand on va produire à 430 $ la tonne au lieu de 700 $, on est capable de passer à travers les perturbations avec moins de dommages collatéraux. Il faut capturer les marchés, aller en Chine, etc. », a-t-il expliqué. Ainsi, en offrant au client de payer, par exemple, 600 $ la tonne, si celui-ci refuse, il reste une marge de manœuvre pour négocier.

La sécurité avant tout

Lors de son arrivée à la tête de RTFT il y a plus de deux ans, Guy Gaudreault avait pour principal mandat de resserrer la sécurité. Selon lui, plusieurs choses restent à faire, mais il y a eu une évolution majeure de ce côté en deux ans.

Les chiffres sont là pour le prouver : 24 % d’événements de moins reliés aux blessures, 60 % moins d’incidents et 80 % moins d’incidents sur les procédés.

« Le virage a été entrepris en 2018 et on remarque l’amélioration dans les résultats. En 2019, on a fait un redressement important et on continue à tous les jours. On ne pouvait pas continuer à avoir des événements tragiques comme il s’en produisait. Je dirais qu’il y a entre 30 à 35 % du chemin de fait, je suis de plus en plus rassuré », a-t-il admis.

« Sur les 42 organisations de Rio Tinto, on a l’usine avec le profil de risque le plus élevé. On a un port, un chemin ferroviaire, de l’acide, du gaz CO, des fours à haute température; on a tous les risques sur notre site. Le problème, c’est qu’il y avait beaucoup trop d’incidents. En 2019, on s’est beaucoup amélioré dans ce domaine », a-t-il poursuivi.

Un défi financier à l’horizon

Sans dévoiler de chiffres, le directeur général de RTFT a admis que les résultats financiers n’ont pas été au rendez-vous en 2019.

« C’est notre défi en 2020. On n’a pas rencontré nos objectifs, mais cette année, on a besoin de tout le monde pour rencontrer la cible. C’est ambitieux, mais c’est faisable. On a des initiatives. Pour ma part, je passe 40 % de mon temps là-dessus. Lundi matin, je vais prendre tous les contrats de 25 000 $ et plus qui existent, je vais les passer un après l’autre pour voir ce qu’on peut faire de différent, si ça peut coûter moins cher. Le but est de lever toutes les roches pour s’assurer d’optimiser le tout », a-t-il dévoilé, en ajoutant poursuivre les efforts pour réduire l’impact environnemental de l’usine.

Depuis 2014, grâce à la mise en service de l’usine de récupération de SO2, les émissions de ce gaz ont diminué de près de 70 %, ce qui a permis à Saint-Joseph-de-Sorel de passer de la 16e place sur les 17 secteurs urbains où le ministère de l’Environnement calcule l’indice de la qualité de l’air à la 6e place.

« RTFT travaille aussi avec ses partenaires Agro 100 et Viridis pour valoriser les résidus provenant l’Usine SO2. En 2019, 85 % de ces résidus ont été valorisés et en 2020, nous prévoyons que 100 % des résidus le seront, réduisant d’autant la quantité de résidus envoyée au P84 [NDLR : endroit où les résidus sont envoyés en ce moment dans le secteur Tracy]. En ce moment, les résidus sont utilisés pour produire un fertilisant qui sert à améliorer le PH des sols agricoles, mais d’autres débouchés sont aussi considérés », nous écrit le directeur des relations médias de RTFT, Simon Letendre.

L’entreprise fêtera ses 70 ans en 2020. Plusieurs activités dans la communauté sont prévues tout au long de l’année.

image