18 septembre 2018
La région se dit prête à la légalisation du cannabis
Par: Sarah-Eve Charland

Les municipalités de la MRC de Pierre-De Saurel ont décidé de ne pas adopter la ligne dure à propos de la consommation de cannabis dès le 17 octobre. (Photo : banque d'images)

La légalisation du cannabis entrera en vigueur dans presqu’un mois jour pour jour, le 17 octobre, partout dans la province. Bien qu’il reste quelques détails à peaufiner, l’ensemble des intervenants se disent prêts à faire face à tous ces changements, notamment auprès des populations susceptibles de développer des dépendances.

Selon la Direction de la santé publique, le cannabis est la deuxième substance psychotrope la plus consommée après l’alcool. Au Québec, un jeune sur trois consomme du cannabis.

« C’était déjà une priorité pour la santé publique. Avec la légalisation, on va poursuive les efforts déjà en place. Il y a du travail à faire pour que le cannabis ne soit pas banalisé. Avec la légalisation, on va en parler différemment », affirme la directrice de la santé publique en Montérégie, Julie Loslier.

La Loi prévoit des budgets dédiés à un fonds de prévention. Mme Loslier espère que les consommateurs seront plus à l’aise de consulter et d’utiliser les services sociaux puisque le cannabis sera moins stigmatisé. La santé publique a participé aux trousses d’informations publiées par le gouvernement du Québec sur le site Internet www.encadrementcannabis.gouv.qc.ca.

De son côté, la Commission scolaire (CS) de Sorel-Tracy n’ajoutera pas de ressources supplémentaires afin d’intensifier la prévention. Des ateliers de prévention touchant notamment les abus sont déjà présentés dans les écoles, en collaboration avec la Sûreté du Québec (SQ).

« Ça ne change rien pour les jeunes puisqu’il sera encore interdit pour les moins de 18 ans d’en consommer. On avait déjà des intervenants en toxicomanie qui poursuivront leur travail », mentionne la directrice des communications de la CS, Geneviève Handfield.

La CS élaborera une politique concernant le code de conduite du personnel entourant la possession et la consommation de cannabis au cours de la prochaine année.

Le milieu communautaire envisage une diminution de la consommation

Le directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) Pierre-De Saurel, Jean-François Daigle, ne craint pas une recrudescence du nombre de consommateurs de cannabis.

« Les gens qui consommaient déjà vont continuer. Je ne crois pas que des personnes commenceront à en consommer parce que ce sera légal. Si le marché criminel baisse et se dirige vers les centres publics, ça pourrait même entrainer la diminution de la consommation. Les personnes à faible revenu peuvent toujours un peu négocier avec leur vendeur, ce qui deviendra difficile avec le système public. Si toutefois le marché public n’est pas en mesure d’être concurrentiel avec le marché criminel, on va seulement se retrouver avec deux catégories de consommateurs », croit-il.

Les organismes communautaires devaient déjà travailler avec des clientèles susceptibles de consommer du cannabis. Les employés continueront de mettre en place des actions ou interventions en prévention auprès des utilisateurs de services.

Un règlement municipal en développement

La Ville de Sorel-Tracy présentera sous peu son projet de règlement qui régira le zonage pour la culture, la vente, la production et la transformation de cannabis sur son territoire. Le règlement sera également soumis à une assemblée de consultation avant son adoption en séance du conseil.

« Le gouvernement du Québec ratisse déjà large. Le cannabis sera soumis aux mêmes règles que le tabac. Au niveau municipal, on doit déterminer le zonage. Le tout doit être adopté avant l’entrée en vigueur de la loi le 17 octobre », affirme le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

Les détails du projet de règlement sont demeurés confidentiels avant la présentation devant le conseil municipal.

Du côté de la SQ, les policiers poursuivront leurs enquêtes touchant la production de cannabis à l’intérieur de bâtiment ou dans les champs. Pour le moment, elle ne possède pas d’appareil reconnu pour détecter la consommation de cannabis par un conducteur en ce qui concerne les capacités affaiblies. La plupart des policiers sont formés pour déceler les capacités affaiblies par les stupéfiants depuis une dizaine d’années.

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