10 mai 2018
La pénurie de main-d’œuvre devient un frein économique
Par: Sarah-Eve Charland

La pénurie de main-d'œuvre qualifiée ne semble pas s'essouffler dans les entreprises de la région. (Photo : Archives/Pascal Cournoyer)

Même si la pénurie de main-d’œuvre spécialisée n’est pas une problématique nouvelle, elle s’accentue d’année en année. Pour certaines entreprises de la région, elle devient même un frein économique important.

Le président d’Aciers Richelieu et d’Usinage Saint-Laurent, Éric Durand, ne peut pas profiter de la reprise économique du marché autant qu’il le voudrait.

« Dans certaines compagnies, on ne peut pas cogner aux portes parce qu’on n’a pas les ressources. J’aimerais faire des investissements, mais je ne peux pas les faire parce que je n’ai pas les machinistes pour opérer ces nouveaux équipements », affirme M. Durand.

L’année dernière, l’entreprise avait même affiché une offre d’emploi sur un panneau publicitaire près du pont Jacques-Cartier. M. Durand est prêt à accueillir huit nouveaux machinistes. Il est d’ailleurs en démarche pour recruter quatre machinistes en France et en Ukraine.

« On n’a pas été capables de combler les postes au Québec, ajoute la conseillère en ressources humaines, Valérie Dubois. En raison de la nature de nos contrats, ça nous prend des employés d’expérience avec de hauts niveaux de précision. Il faudra penser à embaucher des étudiants. Lorsqu’on a des stagiaires, on peut les former. Et puis, ils sont prêts lorsqu’ils sont diplômés. »

L’année 2018 s’annonce encore meilleure cette année pour CNC Tracy. « Une très belle amélioration par rapport aux quatre dernières années », affirme le vice-président de l’entreprise, Bertin Côté.

Il doit embaucher toutes les années pour combler ses besoins en main-d’œuvre. « Les candidats peuvent être intéressés à se tourner vers les grandes industries. On offre des emplois intéressants », ajoute-t-il.

CNC Tracy a recruté un machiniste ukrainien qui a effectué ses démarches d’immigration pour intégrer l’entreprise en janvier 2018. L’entreprise multiplie ses efforts pour offrir un environnement attirant pour ses employés, notamment en s’adaptant à deux Ukrainiens, dont un qui ne parle que le russe et l’anglais, et à deux Philippins qui parlent anglais et tagalog.

Les grandes usines aussi en recherche

Rio Tinto Fer et Titane fait également face à différents défis de recrutement. Les quarts de métier les plus recherchés sont les mécaniciens, les électrotechniciens et les superviseurs d’entretien. L’entreprise a notamment fait appel à une spécialiste du recrutement qui travaille à mettre en place des stratégies en collaboration avec les équipes de ressources humaines.

« Nous travaillons fort pour combler les postes dans différents secteurs et domaines. Nous sommes également à l’affût des nouvelles tendances et cherchons constamment à innover en matière de recrutement, sachant qu’au cours des prochaines années le recrutement représentera une partie des défis de l’entreprise », souligne la directrice relations médias et communications chez Rio Tinto Fer et Titane, Claudine Gagnon.

Du côté d’ArcelorMittal, la pénurie de main-d’œuvre ne représente pas encore un frein économique bien que cela demeure préoccupant.

« Ça crée une pression sur l’attraction et la rétention des employés. 2018 sera une excellente année pour ArcelorMittal. On a toujours un roulement de personnels, mais on le ressent plus que jamais cette année », affirme le porte-parole Louis-Philippe Péloquin.

L’entreprise doit donc user de créativité pour combler les postes en demande, particulièrement les électriciens. Une campagne publicitaire multiplateforme a été lancée afin de faire valoir les avantages de travailler chez ArcelorMittal.

« On travaille notamment sur la fierté de travailler avec nous. Les gens cherchent un sens à leur travail. Quand on leur dit que l’acier qu’ils fabriquent sera utilisé pour le pont Champlain, ça motive les employés », mentionne-t-il.

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