4 mars 2021
La nourriture comme source de réconfort
Par: Katy Desrosiers

La nutritionniste Catherine Paul constate davantage d’intérêt pour la bonne alimentation depuis le début de l’année 2021. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La pandémie et le confinement ont apporté leur lot de stress et pour plusieurs, la nourriture a été un moyen d’apaiser les émotions. La nutritionniste soreloise Catherine Paul a en effet constaté que la bonne alimentation a été plus difficile en 2020.

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De mars à juin 2020, Catherine Paul, qui travaille à son compte, a connu une grande baisse au niveau des consultations. « Les aliments et la bouffe, ce sont les seules choses qui nous restaient au niveau du réconfort. On avait tout perdu : les restos, les cinémas, l’activité physique. Les gens, ça ne leur tentait pas de se faire dire quoi faire avec la nourriture en plus », explique-t-elle.

La nutritionniste a constaté que les personnes plus âgées ont retardé leur visite chez le médecin comme elles ne pouvaient plus le voir en personne. Dans la région, avec le vieillissement de la population, plusieurs de ses clients font du diabète ou du cholestérol. Quand le déconfinement est arrivé vers juillet, un flot de clients qui venaient de voir leur médecin se sont présentés à elle.

Du côté des adultes, elle remarque plus des troubles alimentaires comme l’hyperphagie, soit une surconsommation d’aliments. Pour les jeunes, la situation est plutôt inverse.

« J’ai des parents qui s’inquiètent parce que l’enfant se met à faire des entraînements un peu trop intensifs, parfois à chaque jour et qu’il calcule ce qu’il mange. […] En ce moment, si tu veux rencontrer une équipe spécialisée dans les troubles alimentaires à Montréal, tout est complet. C’est vraiment une problématique », relate-t-elle.

Depuis 2021, les bonnes résolutions semblent de retour. Catherine Paul a toutefois remarqué une hausse de consultations pour des troubles digestifs. « Presque 50 % des gens qui viennent me voir, c’est pour des troubles digestifs. Le stress amène plus de troubles de côlon irritable. Les gens sont tellement stressés avec la pandémie qu’ils ont un diagnostic de côlon irritable ou des diarrhées, des gaz ou des crampes », souligne-t-elle.

Malgré l’engouement pour l’achat local, les repas faits maison et les jardins, les gens n’ont pas tellement mieux mangé pendant le confinement, constate la nutritionniste.

« C’est populaire de montrer ça sur les réseaux sociaux, de dire « j’ai fait mon pain maison, j’ai mes œufs de poules en liberté et j’ai récolté mes aubergines« , mais ça ne représente pas 90 % de ce que les gens mangent », explique-t-elle, selon ce qu’elle a constaté dans des études.

Quelques conseils

Mme Paul rappelle qu’il ne faut pas se sentir mal de manger plus ou de manger moins sainement. « On vit tellement de stress en ce moment, si en plus on se met de la pression pour ce qu’on mange, ça va devenir insupportable notre vie, avoue-t-elle. Sauf que si on est au courant qu’il y a plein de cholestérol dans la famille, qu’on est sur le bord d’en faire ou on en fait, il faut quand même faire attention. »

Pour introduire plus de fruits et légumes dans l’alimentation, il suffit d’en acheter congelé, conseille-t-elle. Si on les préfère frais, elle suggère de les préparer et de les faire cuire la fin de semaine. Avoir dans son réfrigérateur des mélanges de salade déjà préparés auxquels il ne reste qu’à ajouter quelques ingrédients est aussi une bonne idée.

« C’est seulement d’essayer d’avoir des légumes à chaque repas, ajoute-t-elle. Même si le repas est plus réconfortant comme un macaroni au fromage, au moins, si on a une portion de légumes à côté, ça va déjà être bon. »

Pour l’avenir, elle conseille de trouver une autre façon que la nourriture pour apaiser les émotions, comme pratiquer un sport, faire du yoga ou prendre un bain chaud avec un bon livre.

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