7 juillet 2015
La maison Leduc disparait sous le pic du démolisseur
Par: Louise Grégoire-Racicot

La maison Leduc de Sainte-Victoire-de-Sorel, qu’un comité de citoyens a vainement tenté de protéger du pic du démolisseur, a été démantelée le jeudi 2 juillet, et ce, à la demande du conseil municipal unanime sur cette question.

Tous les élus y voyaient là un « nid à feu », a confié le maire Jean-François Villiard, et ils craignaient qu’un incendie y cause des dommages importants.

« Sise tout à côté du HLM et de l’église, il fallait agir vite pour protéger ce secteur contre un incendie, par exemple, lui qui compte, dans un rayon de 100 mètres, quatre autres résidences. Personne ne voulait prendre un tel risque. »

D’autant que depuis quelques jours, son dernier locataire l’avait quittée et que l’autre logement était déjà vide depuis huit mois. « On le voyait se détériorer à vue d’œil », décrit-il.

À ses yeux, cette maison ne pouvait être laissée à l’abandon, a dit le maire, qui avait convoqué son conseil en assemblée spéciale pour en discuter.

Personne, a poursuivi M. Villiard, ne voyait son déménagement possible.

« Le comité de travail a rencontré deux entrepreneurs ainsi qu’une personne qui aurait pu la déménager. Aucun des trois n’a cru que cela pourrait être fait à des coûts raisonnables. Même chose de mon côté. Il aurait fallu investir de 200 000$ à 300 000$, argent dont ni le comité ni la municipalité ne disposaient. »

S’il en avait coûté 2000$ pour la déménager après avoir trouvé un terrain, la situation aurait été tout autre, dit-il.

On ne pouvait s’acharner, a-t-il poursuivi, rappelant qu’il reconnaissait que la maison avait été habitée par une famille notable de la place.

« Nous avons toutefois une rue qui porte déjà le nom de l’ancien député Jean-Louis Leduc, comme le gymnase construit alors qu’il était député. »

Il n’est pas dit, ajoute-t-il, que la municipalité n’installera pas un mémorial à son nom dans ce secteur.

Déception

C’est Ghislaine Cournoyer qui a exprimé la déception du comité de citoyens, à la suite de cette décision.

« Nous avions travaillé très fort pour qu’elle soit sauvegardée. Nous voulions des terrains à côté sur lesquels nous aurions pu la faire pivoter. Ce qui n’aurait pas coûté une fortune. Mais il faut croire que la conservation du patrimoine est loin d’être une priorité pour les gens de Sainte-Victoire. »

La situation est triste aussi, dit-elle, parce que le concept mis de l’avant aurait présenté un potentiel de développement culturel pour le milieu.

Voilà une autre belle maison ancienne qui disparaitra et qui ajoute au trou béant en matière de bâtiment patrimonial creusé dans notre région, remarque-t-elle.

Le comité poursuivra toutefois sa mission, s’intéressant aux différentes maisons qui présentent un intérêt patrimonial dans les diverses municipalités de la MRC pour qu’on leur réserve un autre sort que celui de la maison Leduc.

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