29 janvier 2016
Intimidation : du travail reste à faire à Sorel-Tracy
Par: Sarah-Eve Charland
BV:La Commission scolaire de Sorel-Tracy ne croit pas avoir tous les outils nécessaires pour contrer l’intimidation. | depositphotos.com

BV:La Commission scolaire de Sorel-Tracy ne croit pas avoir tous les outils nécessaires pour contrer l’intimidation. | depositphotos.com

Est-ce que la Commission scolaire de Sorel-Tracy a tous les outils pour contrer l’intimidation? « Non », répond le directeur général, Michel Lefebvre, appelé à commenter sur le dossier d’une commission scolaire condamnée pour ne pas avoir mis les mesures nécessaires pour protéger une élève contre l’intimidation, une première au Québec.

La Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île a été condamnée à verser une somme de 12 000$ à la famille d’une victime d’intimidation. La jeune fille de 11 ans a été victime de gestes odieux de la part de garçons pendant sa sixième année du primaire.

« Une situation comme celle-là ne se serait jamais produite ici. On a plusieurs mesures pour agir rapidement lorsqu’une situation se présente », croit la directrice des services éducatifs, Martine Rondeau qui tient à préciser que les plans de lutte adoptés dans chacune des écoles sont révisés annuellement.

Selon les dispositions de la loi visant à lutter contre l’intimidation et la violence en vigueur depuis 2012, chacun des directeurs d’école doit faire adopter le plan de lutte par les conseils d’établissement composés de membre du personnel et de citoyens de la communauté.

Des mesures en place

La première étape à réaliser lorsque l’école est mise au courant d’un problème de violence est de limiter les dégâts, explique M. Lefebvre.

« Souvent, c’est la suspension. Mais à partir de ce moment, il faut trouver l’origine du problème de violence. On n’a pas toutes les ressources nécessaires pour encadrer le problème. »

La CS ne peut, par exemple, changer un élève d’école par précaution, étant donné qu’une seule école secondaire existe dans la région, précise-t-il. Selon le rapport annuel 2014-2015, l’organisation a expulsé deux élèves pour cause de violence ou d’intimidation.

Du côté du protecteur de l’élève, il a tenu une consultation concernant la violence ou l’intimidation durant l’année 2014-2015. « Il s’agit d’un parent qui souhaitait connaître ses droits », explique Me Christian Beaudry. Il n’a reçu aucune plainte de cette nature.

Des défis au quotidien

Il est difficile pour les intervenants scolaires d’avoir une vue d’ensemble d’un problème lorsque ce dernier est signalé, ajoute Mme Rondeau.

« Bien comprendre l’histoire, ça prend énormément de temps. C’est complexe. Le défi, c’est de bien comprendre la situation et d’avoir la collaboration de tout le monde. »

Rappelons que plusieurs histoires touchant des jeunes intimidés ont été révélées au grand jour depuis cinq ans. L’histoire du jeune Maxime Collard avait touché des centaines de personnes s’étant réunies lors d’une marche dans le centre-ville de Sorel-Tracy en 2011.

L’histoire de Kim Pettersen, qui s’est enlevé la vie en 2013, a aussi troublé la population locale. Son père mène un combat afin d’instaurer un protecteur de l’élève indépendant dans chacune des commissions scolaires.

Après toutes ces années, qu’a appris la Commission scolaire? « On essaie de toujours retravailler nos plans pour les rendre plus efficaces », conclut Mme Rondeau.

Un sondage révélateur

Peu d’élèves dénoncent lorsqu’ils sont victimes d’acte de violence en milieu scolaire. C’est ce que révèle un sondage réalisé par la Commission scolaire de Sorel-Tracy (CS).

Selon la CS, un élève sur trois au primaire dénonce toujours les gestes de violence. Au niveau secondaire, il s’agit d’un élève sur quatre. Ces données proviennent d’un sondage réalisé auprès des élèves de la CS, explique Mme Rondeau.

Toujours selon la CS, plus de 40% des élèves ne dénoncent pas lorsqu’ils sont témoins d’une situation. La violence la plus fréquente est celle verbale, suivie de la violence physique, de l’intimidation et de la cyberintimidation.

Il a toutefois été impossible pour le Journal de mettre la main sur une copie du sondage puisque la CS a obtenu le consentement des élèves pour utilisation des données à l’interne de la Commission scolaire seulement.

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