3 mars 2021
Infirmières de mère en fille
Par: Alexandre Brouillard

De gauche à droite : Marie-Claude Côté, Laury De Grandpré, Nadège De Grandpré, Jocelyne Côté et Jordane De Grandpré. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Jocelyne Côté a commencé sa carrière d’infirmière dans les années 60. Photo gracieuseté

En 1961, lorsque Jocelyne Côté avait choisi la profession d’infirmière, elle était loin de se douter qu’elle engendrait par le fait même une lignée d’infirmières qui perdure depuis trois générations. Soixante ans plus tard, sa fille Marie-Claude Côté ainsi que ses trois petites-filles, Laury, Nadège et Jordane De Grandpré sont toutes infirmières à l’Hôtel-Dieu de Sorel.

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« En 1964, lorsque j’ai gradué de mon cours d’infirmière, ils m’ont demandé quel était mon plus grand rêve. À l’époque, j’avais répondu de me marier et de fonder une famille. Toutefois, je réalise aujourd’hui avec fierté que j’ai engendré trois générations d’infirmières. Je suis très heureuse de cette continuité », mentionne avec émotion Jocelyne Côté.

La troisième génération d’infirmières, composée de Laury, Nadège et Jordane De Grandpré, travaille actuellement sur la même équipe, en chirurgie, à l’Hôtel-Dieu de Sorel. « C’est spécial d’avoir le même métier que mes sœurs. Laury et moi travaillons à temps plein tandis que Jordane travaille à temps partiel parce qu’elle termine actuellement sa deuxième année d’université pour être infirmière clinicienne tout comme nous », explique Nadège.

« C’est une belle profession qui nécessite beaucoup d’efforts au quotidien, ajoute sa mère Marie-Claude Côté. J’ai choisi ce métier parce que je voulais aider la gens et prodiguer des soins. Aujourd’hui, je travaille au bloc opératoire et j’ai l’occasion de côtoyer mes filles au travail. C’est un beau cadeau de voir mes trois filles emprunter le même chemin que ma mère et moi. C’est très gratifiant », affirme-t-elle.

Cette lignée d’infirmières qui perdure depuis maintenant trois générations a commencé en 1961 lorsque Jocelyne Côté s’était inscrite en soins infirmiers à l’Hôpital Sainte-Croix à Drummondville. « C’était sept jours par semaine et je dormais là-bas. J’ai travaillé comme stagiaire sur tous les départements et j’ai même réalisé un stage en psychiatrie à l’Hôpital Saint-Jean-de-Dieu de Montréal. Ce n’était pas toujours facile, mais les temps changent. Mes petites-filles ont étudié au Cégep de Sorel-Tracy et elles ont réalisé leur stage à l’Hôtel-Dieu où elles travaillent toutes aujourd’hui. Malgré ces changements et les difficultés du métier, je crois que le plus important, c’est d’aimer sa profession et de la pratiquer pour les bonnes raisons », soutient-elle.

Fière de ses racines, Nadège abonde dans le même sens que sa grand-mère. « J’adore mon métier. J’aime aider les gens et faire une différence dans leur vie. Je suis très fière de ma famille qui a choisi le même métier. Toutefois, j’ai choisi ma profession par passion et non pour faire comme les autres membres de ma famille. J’ai à cœur le bien-être des gens et je trouve toujours gratifiant de pouvoir aider des personnes qui ont besoin de soins de santé. J’aime avoir un impact positif dans leur vie », explique-t-elle.

Jocelyne se dit heureuse de voir ses petites-filles apprécier leur profession. « Ce n’est pas un métier facile. Dans ce milieu, les méthodes de travail et les techniques d’apprentissage évoluent sans cesse. Il y a beaucoup de stress, mais je crois que mes petites-filles réussissent très bien », affirme-t-elle.

Travailler pour l’amour du métier

Lorsqu’elle était âgée de 40 ans, voyant le domaine de la santé en constante évolution, Jocelyne Côté avait décidé de retourner sur les bancs d’école. « J’avais décidé de réaliser mon baccalauréat à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) afin d’acquérir les connaissances nécessaires pour continuer à travailler. J’ai complété mon baccalauréat à temps partiel sur une période de 10 ans. J’ai donné mon 150 % tout au long de ma carrière et je crois avoir transmis cette éthique de travail à mes filles. J’en suis très heureuse », explique-t-elle.

Prodiguant des soins de santé depuis déjà neuf ans, Nadège affirme que sa grand-mère est un bel exemple de persévérance. « C’est extraordinaire que ma grand-mère soit allée à l’université. C’était moins courant à l’époque et surtout, elle l’a fait sur une période de dix ans! Ça ne fait aucun doute qu’elle nous a transmis, à mes sœurs et à moi, l’amour du métier d’infirmière », soutient-elle.

« Tout comme pour mes filles, ma mère m’a transmis la passion du métier d’infirmière, explique Marie-Claude. Évidemment qu’il est primordial d’aimer son métier, mais ce n’est pas toujours facile d’être infirmière. Je voulais que mes filles réalisent leur baccalauréat en soins infirmiers pour avoir le meilleur futur possible. Elles sont toutes très travaillantes et elles pratiquent le métier pour les bonnes raisons. »

Vraisemblablement émotive, Jocelyne est heureuse de voir ses petites-filles travailler dans le domaine de la santé. « J’aime croire que j’ai eu une influence positive sur ma fille et mes petites-filles en les familiarisant avec le milieu infirmier. C’est un bel héritage », souligne-t-elle.

Se serrer les coudes

Alors que la pandémie de la COVID-19 perturbe les hôpitaux du Québec depuis bientôt un an, Nadège affirme que cette situation lui a fait réaliser l’importance de son métier. « Avant la pandémie, je ne me disais pas que je pratiquais un métier essentiel ou de première ligne. Cependant, la médiatisation de la pandémie et de la situation dans les hôpitaux m’a fait réaliser l’importance de ma profession », explique-t-elle.

« Actuellement, ce n’est pas facile pour personne. Il manque du personnel et nous avons dû faire du délestage au bloc opératoire. Nous vivions vraiment une période particulière avec la COVID-19, mais je suis contente et soulagée de savoir que mes filles s’entraident au travail », renchérit Marie-Claude.

Ayant vécu une éclosion de cas de COVID-19 sur son étage plus tôt cette année, Nadège admet que la situation est particulièrement difficile au travail depuis quelques mois. « Une quinzaine de mes collègues avaient contracté le virus. Ce n’est jamais facile de voir nos patients ou nos collègues affectés. Toutefois, j’ai toujours mes sœurs pour m’épauler. Je suis extrêmement chanceuse de pouvoir compter sur elles », conclut-elle.

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