6 février 2018
Environ 30% des résidences sans détecteur de fumée
« Il s’en est fallu de peu pour qu’on ne sorte pas à temps » – Sylvain Joly
Par: Julie Lambert

Le propriétaire de la rue Olympique, Sylvain Joly, a vu sa maison être détruite par un incendie en décembre dernier. (Photo : Archives)

Malgré des campagnes de sensibilisation annuelles, les pompiers constatent qu’encore plusieurs résidences de la région ne possèdent pas de détecteur de fumée ou qu’il est défectueux. Un propriétaire de la rue Olympique, Sylvain Joly, a été sauvé par la présence de cet appareil qui lui a permis de sortir à temps alors que sa résidence était la proie des flammes en décembre dernier.

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Lui et sa conjointe étaient endormis dans leur chambre quand leur chien a tenté de les réveiller. « Il poussait ma femme. Je lui ai dit d’aller se recoucher pensant qu’il voulait aller dehors pour faire ses besoins. C’est à ce moment que le détecteur de fumée est parti », raconte Sylvain Joly.

Pensant qu’il avait oublié de fermer la porte de son poêle à combustion lente, le propriétaire s’est levé pour le fermer. La porte était toutefois bien fermée. Surpris, il s’est retourné et a vu sa cuisine en flammes.

« C’est effrayant comme l’incendie s’est propagé vite. On a eu tout juste le temps de sortir. Le feu a ravagé la maison en moins de dix minutes même si les pompiers ont été très rapides. Il y a eu un embrasement général de la maison. Une chance que le détecteur de fumée fonctionnait parce que nous serions morts tous les deux », dit-il, encore surpris des événements.

Amélioration des pratiques

Selon le directeur du Service de protection et d’intervention d’urgence, Carl Woods, les pompiers qui entrent dans la maison afin de faire une évaluation des détecteurs constatent qu’encore plusieurs citoyens n’en ont pas ou qu’ils ne fonctionnent pas.

Bon an mal an, ils visent 3 324 habitations dans la région de Sorel-Tracy pendant la semaine de prévention des incendies à l’automne. De ce nombre, ils entrent dans environ 1 754 résidences pour inspecter. Si le pourcentage de conformité augmente très légèrement d’année en année, il se situe à environ 69%. Il reste encore du travail à faire, souligne M. Woods.

« Ce n’est pas rare que lorsque nous allons sur les lieux, il n’y ait pas de détecteurs de fumée. Plusieurs sont non conformes dans les quartiers plus défavorisés. Les constructions neuves et plus récentes en ont presque toutes un. Il y a encore des décès au Québec qui auraient pu être évités s’il y avait eu des détecteurs. On a encore du travail à faire pour sensibiliser les gens. Ils pensent que ce n’est pas important, que cela ne leur arrivera pas et ils minimisent leur importance », déplore-t-il.

Les dommages sur la maison de M. Joly sont estimés à 160 000$ et il est actuellement en plein processus de reconstruction, souligne-t-il. Il se réjouit d’avoir fait le changement des piles chaque année et est maintenant très sensible à la présence d’un avertisseur dans les lieux où il se trouve.

« Dans la vie normale, tu ne te rends pas compte de l’importance du détecteur. C’est un automatisme. Je l’ai fait et cela a valu la peine. Maintenant, partout où je vais, je vérifie s’il y a un détecteur de fumée parce que je comprends à quel point c’est important », conclut-il.

Conformité des détecteurs de fumée

– Il est obligatoire d’avoir au moins un avertisseur de fumée sur chacun des étages d’un logement ou d’une maison, y compris le sous-sol.

– Un avertisseur doit être installé dans chaque chambre ou dans le corridor y menant, mais à moins de 5 mètres de la porte de la chambre en prenant la mesure le long du corridor.

– Les piles des avertisseurs doivent être changées chaque année aux changements d’heure.

Source : Société d’habitation du Québec

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