11 mai 2017
Il participe à un spectacle d’aviation avec l’avion qu’il a lui-même fabriqué
Par: Jean-Philippe Morin
Éric Falardeau entrepose son avion à l’aéroport de Sorel-Tracy à Saint-Robert. | Photo: gracieuseté

Éric Falardeau entrepose son avion à l’aéroport de Sorel-Tracy à Saint-Robert. | Photo: gracieuseté

Éric Falardeau n’a que 425 heures de vol et trois ans d’expérience. Cela ne l’a pas empêché, malgré son métier exigeant de denturologiste, de participer à un spectacle d’aviation à Cancun, au Mexique, avec un avion fabriqué de ses mains les 16 et 17 avril derniers.

Il a fallu 12 heures de vol, avec quelques arrêts pour mettre de l’essence, pour qu’Éric Falardeau se rende de l’aéroport de Sorel-Tracy jusqu’à Cancun. Rendu au Mexique, le Sorelois s’est donné en spectacle devant plus de 10 000 personnes à l’Aero Show Cancun.

« J’étais le premier à prendre le départ. J’ai fait un spectacle d’une dizaine de minutes dans les airs. Je suis passé à côté des spectateurs à 210 miles à l’heure. J’ai fait plusieurs manœuvres, des tours sur moi-même, tout ça avec de la boucane derrière. C’était spectaculaire », décrit l’homme de 48 ans.

Six participants ont démontré leur talent par des numéros solos. Il y avait aussi des pilotes de plusieurs pays dont la Russie, les États-Unis et le Mexique.

« Ce n’était pas une compétition, simplement un air show. J’ai eu beaucoup de plaisir. Je pratique l’aviation parce que ça me donne une certaine liberté en trois dimensions. C’est ce que j’ai obtenu là-bas », raconte M. Falardeau.

Voyage en dents de scie

La première journée d’Éric Falardeau au Mexique a toutefois été assombrie par le décès de l’organisateur de la course, le Mexicain Eduardo Topelo. Quand ce dernier procédait à l’accélération de son avion afin de décoller, son appareil ne s’est jamais envolé et a heurté un arbre.

« Je l’ai vu mourir juste devant moi. Son avion brûlait et il était coincé à l’intérieur. C’était horrible », témoigne le Sorelois.

Le spectacle aérien, qui devait avoir lieu le samedi et le dimanche, n’a finalement eu lieu que le dimanche. Éric Falardeau a passé son samedi au salon funéraire, tout comme les autres participants.

De plus, le voyage en avion, autant pour aller au Mexique que pour revenir à Sorel-Tracy, n’a pas été de tout repos. Pour atterrir à l’aéroport de Cancun, M. Falardeau devait s’exécuter dans un espace restreint entre deux Boeing. Lors du retour, il a été coincé dans un orage et ne voyait plus rien autour de lui.

« C’est certain qu’il y a des dangers, surtout sur de longues distances. Ma mécanique est neuve, alors le pourcentage de risques est moins élevé. Il reste que j’ai eu peur quand je suis resté pendant 45 minutes dans une couche de nuages », témoigne-t-il.

Denturologiste le jour, pilote les week-ends

La passion de l’aviation ne date pourtant pas d’hier pour Éric Falardeau. Même s’il pilote depuis seulement trois ans, il a toujours été passionné par les avions.

« En secondaire cinq, je voulais être ingénieur aéronautique. J’adore travailler de mes mains. Finalement, quand j’ai envoyé une demande pour étudier afin de devenir denturologiste, ils en acceptaient 30 sur 200. J’étais parmi ces 30 personnes, alors j’ai continué dans cette voie! », se souvient-il.

Même s’il ne regrette pas son choix de carrière, M. Falardeau a décidé un peu plus tard dans sa vie de s’adonner à sa passion. En moins de deux ans, il a fabriqué son avion qui repose actuellement dans un hangar de l’aéroport de Sorel-Tracy, à Saint-Robert.

« Ça m’a pris un an et huit mois pour assembler l’avion. Ce n’était que des bouts de tôle au début », souligne-t-il.

Le Sorelois veut participer à une éventuelle édition du spectacle Aero Show Cancun en 2018.

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