18 décembre 2018
Période des Fêtes
Hausse de popularité des objets de seconde main dans la région
Par: Julie Lambert

Les actions du Mouvement écologique du comté de Richelieu se multiplient, comme les frigos communautaires Touski. Photo Valérie-Anne Fontaine

La conscience écologique des consommateurs est de plus en plus forte selon plusieurs organismes et entreprises de la région. Ils ont, dans les dernières années, vu augmenter le nombre de personnes qui se tournent vers les objets revitalisés, écologiques ou de seconde main afin de faire de meilleurs choix pour l’environnement.

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– « Chaque geste compte, mais il faut le faire de façon graduelle » – la Soreloise Ève Goudreault

Selon des données de Statistiques Canada compilées et dévoilées dans le Journal de Montréal en février dernier, le marché de l’économie de seconde main s’élèverait à environ 4,9 milliards $ par an au Québec.

Cet attrait pour ce type de produits est en hausse, affirme la propriétaire de La P’tite Shop de Sorel-Tracy, Catherine Marcil. Elle revitalise depuis quelques années des meubles et leur donne une seconde vie en plus d’offrir des produits écologiques.

« La demande ne cesse de grandir. Presque chaque jour, je vois de nouveaux visages en boutique. Les gens me posent des questions sur mes méthodes de confection ou comment je récupère les meubles, les vêtements. Ils s’intéressent à ça de plus en plus. Ils veulent participer au changement. Nous avons aussi commencé une section zéro déchet à la boutique, car la demande est là », mentionne-t-elle.

La responsable des communications du Mouvement écologique du comté de Richelieu (MECR), Gabrielle Gélinas St-Ours, souligne également voir ce désir prendre de l’ampleur dans les dernières années.

La mise en place du Pacte de transition énergétique, les sites de vente en ligne ou les entreprises adoptant des gestes écologiques sont en hausse, assure-t-elle, tout comme le nombre d’initiatives écologiques dans la région, dont des frigos Touski et des jardins communautaires.

« On constate de plus en plus de gens dans ce milieu. Les entreprises comme le Recyclo-Centre fonctionnent bien depuis des années. Ce sont des entreprises qui font vraiment du bien à notre communauté en réparant et revendant des objets qui se seraient retrouvés aux poubelles. Le besoin a toujours été là. Aujourd’hui, les gens qui veulent réduire la surconsommation savent qu’il existe plein de choix autres que le neuf. »

Acheter différemment

Gabrielle Gélinas St-Ours croit que les gens sont davantage portés à penser à l’environnement lors de leurs achats. Le mouvement est d’ailleurs à l’élaboration d’un circuit écoresponsable qui vise à promouvoir les initiatives en faveur d’une transition écologique collective sur le territoire de la MRC de Pierre-De Saurel.

« Nous avons une carte privilège par laquelle les gens pourront se rendre dans une vingtaine d’entreprises qui revitalisent ou réalisent des actions écoresponsables. C’est maintenant mieux vu d’acheter d’occasion de nos jours qu’avant. Les gens ne savent peut-être pas comment faire, mais changer ses habitudes, ça se fait au jour le jour. On a beaucoup d’entreprises dans la région qui offrent des produits ou des options écologiques », mentionne-t-elle.

Même si la période de Noël demeure achalandée pour plusieurs boutiques, celles de seconde main sont aussi sollicitées, selon Catherine Marcil, même s’il existe encore certains préjugés dans la société sur ce type d’achats.

« Les gens sortent dans la rue pour revendiquer des gestes concrets des gouvernements, mais ils sont conscients, du moins pour la majorité, que ça commence par eux, avant tout. Les gens veulent vraiment apprendre à recycler, réutiliser et réduire leur consommation. Je crois que beaucoup de gens sont encore un peu gênés d’offrir des cadeaux de seconde main. La tradition des gros cadeaux prestigieux et suremballés est plutôt dure à casser. Par contre, ils encouragent beaucoup l’achat local. Ce qui est bon en soi pour l’environnement aussi », conclut-elle.

Baromètre de la consommation responsable – Édition 2018

– 81 % des gens perçoivent que le marché écoresponsable est en croissance ;

– 78,7 % des gens considèrent que ce marché contribue positivement à l’économie ;

– 76,6 % des gens croient que le marché génère des emplois au Québec ;

– Pour un citoyen sur deux, conduire une voiture électrique est le meilleur geste pour réduire son empreinte carbone ;

– 87,4 % d’entre eux pensent que la prise de conscience doit venir des individus.

Source : Observatoire de la Consommation responsable du Québec

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