18 mai 2021
Grâce à l’obtention du statut de résident permanent
Hanna Horbanova et ses deux garçons pourront demeurer au Canada
Par: Alexandre Brouillard

Hanna Horbanova et ses deux fils, Hlib 10 ans, et Kyril 5 ans, pourront finalement rester au pays. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

La famille Horbanov était arrivée au Québec en 2018. Photo gracieuseté

Soupir de soulagement pour Hanna Horbanova et ses deux garçons, Hlib 10 ans, et Kyril 5 ans, qui pourront rester au pays grâce à l’obtention de leur statut de résident permanent pour des motifs d’ordre humanitaire.

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« Je suis très heureuse et soulagée d’avoir reçu rapidement la réponse concernant mon immigration, confie Hanna. J’attendais avec impatience une réponse pour pouvoir me concentrer à de nouveaux projets. C’est une fête pour ma famille. »

Avec l’aide de son avocate Nataliya Dzera, la jeune femme de 34 ans avait présenté sa demande de résidence permanente au ministère de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), en mai 2019, basée sur des motifs d’ordre humanitaire. « Nous avions utilisé cette stratégie en évoquant le décès de son mari Ihor Horbanov. Nous avons argumenté qu’il était préférable pour elle et ses enfants de demeurer au Canada et de ne pas retourner en Ukraine. Elle avait un travail, les enfants s’étaient adaptés au système scolaire québécois et ils se débrouillaient déjà tous bien en français », explique l’avocate.

Mme Dzera admet avoir pensé à utiliser la situation conflictuelle entre l’Ukraine et la Russie, qui avait éclaté en 2014 et qui a récemment refait surface, comme argumentaire pour obtenir le statut de résident permanent pour tous les membres de la famille. « Même si la thèse des tensions en Ukraine pouvait être utilisée, nous ne l’avons pas fait, affirme l’avocate. Les employés fédéraux ne peuvent pas évaluer les risques pour des demandeurs de retourner dans leur pays d’origine. »

Une série de montagnes russes

La jeune famille était arrivée en 2018, à Sorel-Tracy, alors qu’Ihor Horbanov avait été engagé comme machiniste chez CNC Tracy. Malheureusement, ce dernier avait perdu la vie, le 11 mars 2019, lorsque son véhicule avait dévié de sa trajectoire après avoir percuté un nid-de-poule géant pour ensuite entrer en collision avec un camion du ministère des Transports du Québec (MTQ) immobilisé sur le côté de l’autoroute 30. Un chantier inachevé pour lequel le MTQ avait été blâmé par le coroner en juillet 2020.

À l’hiver 2020, la jeune femme avait été dans l’obligation d’arrêter le travail puisque le visa consenti à son défunt conjoint était venu à échéance. Elle avait par le fait même perdu sa couverture d’assurance-maladie et son accès aux cours de francisation. La famille vivait donc seulement des prestations de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Avec la perte du visa de travail de son conjoint, Hanna et ses garçons vivaient sous la menace d’une expulsion du territoire canadien. Bien qu’ils attendaient une réponse pour leur demande de résidence permanente pour des motifs d’ordre humanitaire, la famille avait reçu un permis de séjour temporaire valide jusqu’au 15 décembre 2021. De cette façon, les deux jeunes garçons pouvaient continuer de fréquenter l’école, tandis qu’Hanna pouvait renouer avec son travail au Recyclo-Centre.

Tourner la page

Après deux années en montagnes russes et avec la récente obtention de leur statut de résident permanent, Hanna désire tourner la page et construire définitivement sa vie à Sorel-Tracy. « En étant résidents permanents, mes enfants et moi espérons avoir accès à des activités culturelles et sportives. Mon défi pour l’avenir serait de réussir mes cours de francisation dans le but d’ouvrir mes horizons à plusieurs possibilités », espère-t-elle.

« Je suis très heureuse, confie Mme Dzera. Ils ont désormais accès à presque tous les mêmes droits que les citoyens canadiens et ils peuvent maintenant rester au pays et poursuivre leur vie. »

« Je tiens à remercier les ministres, les députés, les journalistes, mon avocate Natalya Dzera, mes collègues du Recyclo-Centre, mes amis et tous les habitants qui m’ont soutenue et m’ont aidée dans ces temps difficiles », conclut Hanna Horbanova.

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