19 juin 2015
Foreur recherché
Par: Deux Rives

CHRONIQUE DE JOCELYN DANEAU. Pourquoi j’attendais le dépôt des états financiers 2014 de la ville de Saurel? Pour y constater l’évolution du taux d’encadrement de nos employés municipaux. Donc, chronique technique, c’est un passage obligé pour comprendre l’un des grands enjeux ignorés de nos finances municipales.

Le taux d’encadrement est un indicateur fondamental dans l’analyse de la performance d’une organisation. Plus il y a proportionnellement de Boss, plus le chevauchement de leur responsabilité est une source de frictions. Ce qui quelquefois tue l’innovation des employés, mine leur performance et leur moral avec en prime, des congés de maladie. En 2013, Saurel montrait un faible taux d’encadrement de 6,1 employés par cadre. En 2014, il était de 6,6 c.-à-d. 35 cadres et contremaîtres (38 en 2013) pour 231 employés. Cependant, on ne sait pas si cette amélioration est le fruit d’une réelle démarche de rationalisation, du hasard ou simplement d’un artifice comptable.

Bref, nos employés municipaux sont toujours sur-Boss-és. Serge Péloquin ne semble donc pas s’être attelé formellement à la tâche d’améliorer la performance de notre administration municipale, comme il s’y était engagé dans son programme électoral de novembre 2013. Cependant, il pourrait argumenter que, selon l’étude récente des HEC Montréal, le coût moyen des services à Saurel est inférieur de 13,97 % à la moyenne des villes de comparaison. C’est excellent! Mais je répondrais que, aux dires mêmes des auteurs de cette étude, on ne sait pas au municipal, où se situent les niveaux d’efficacité (bien faire les choses) et d’efficience (faire les choses de la meilleure façon).

Ce qui a amené le ministre des Affaires municipales à déclarer : « Aux municipalités qui, depuis des années, réclament de nouvelles sources de revenus, Pierre Moreau a répondu qu’elles devraient également s’attaquer à la colonne des dépenses. » Autrement dit, avant de nous lancer dans une aventure comme Parc éolien Pierre-de Saurel, aurions-nous été mieux avisés de rationaliser nos dépenses municipales? Poser la question, c’est y répondre : aucun politicien, dans un milieu clos comme Saurel, n’aura le courage de rationaliser les opérations de l’appareil municipal. Notamment à cause du coût humain important que cela pourrait représenter pour les employés et leur famille, que nos politiciens locaux côtoient comme parents, amis ou voisins.

À ceux qui diront qu’il y a eu peu d’augmentation de taxe municipale depuis l’arrivée de l’administration Péloquin. Je répondrai que la nature de la ville de Saurel n’a pas changé du jour au lendemain. Il y a donc des limites à l’illusion des surplus accumulés.

Augmenter notre taux d’encadrement en prenant comme objectif celui de Sept-Îles de 8,7, c’est une piste d’amélioration au potentiel de gain récurrent de 1,0 M$ par année. L’actuelle vague de départs à la retraite nous en donne une occasion en or, à un très faible coût humain. Il ne manque que le courage politique et du savoir-faire pour s’attaquer à ce dossier. Forer, aller au fonds des choses et trouver des gisements d’économies dans la machine administrative de Saurel, ce n’est pas simple ni spectaculaire; surtout qu’à terme, personne ne viendra pendre votre photo.

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