25 août 2020
Faire confiance
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

L’heure de la rentrée sonne. Plusieurs enfants s’en réjouissent. Ils y retrouveront leurs amis et une certaine vie autonome, loin du regard trop attentif de leurs parents. J’espère bien qu’ils renoueront avec le goût d’apprendre – si jamais il s’était atténué au cours du confinement. Et avec la persévérance essentielle pour réussir.

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Mamie de deux petites-filles appelées à entrer à la garderie et à l’école, je peux comprendre l’inquiétude de certains parents sur la façon dont leurs enfants seront protégés contre la COVID-19 à l’école. Et comment on interviendra si jamais certains cas se déclaraient. Car ces parents, qui questionnent aussi la qualité de la ventilation dans les classes, prennent soin de leurs enfants comme de la prunelle de leurs yeux. Depuis leur naissance, ils se sont assurés globalement de leur sécurité, bonne santé et croissance.

Mais ils doivent aussi réaliser que la vie sociale avec laquelle leurs enfants renoueront est essentielle à leur développement intégral et ne se vit qu’à l’école. Nulle part ailleurs.

Voilà bien leur dilemme : garder les petits à la maison sans risque de contamination, mais sans interaction avec des enfants de leur âge. Ou les envoyer à l’école risquant qu’ils soient contaminés tout en vivant des relations humaines différentes de celles qu’ils connaissent à la maison, avec des adultes autres et des enfants différents des voisins et de la fratrie.

Voilà une situation jamais vue, sans solution facile et acceptable pour tous!

De leur côté, les écoles assurent qu’elles prennent toutes les mesures essentielles pour éviter la propagation du virus. Seule leur fréquentation en témoignera!

Quant aux pédiatres et à la santé publique, ils rassurent affirmant que, dans l’état actuel des connaissances, si le virus atteint les enfants, ils sont souvent moins malades. On ne parle pas de risque zéro, mais de risque plus minime.

Le cas des adultes œuvrant à l’école est plus préoccupant. Disposeront-ils du bon équipement de protection? De consignes claires, voire d’autorité, sur la marche à suivre dans les classes et à l’extérieur?

Comme toutes ces personnes qui doivent se rendre au travail ou fréquenter des commerces, elles se devront d’être alertes, surtout au secondaire, où elles interviennent auprès de jeunes dont on dit que plusieurs ne respectent pas les règles de distanciation requises.

Dans tous les cas, je crois toutefois qu’il faut faire confiance au milieu dans lequel on se déplace. Jusqu’à maintenant, il n’a pas été touché de façon importante par le coronavirus. Tous sont informés des mesures pour éviter sa propagation. Bon nombre s’y conforment.

À l’école, l’expérience vécue avec les plus petits en mai et juin dernier a été concluante. On croit avoir trouvé la meilleure façon de faire, même s’ils seront désormais en plus grand nombre.

Pour les ados, tout est à bâtir. Le défi des personnels dans les polyvalentes est de leur rappeler constamment les règles de prévention et de distanciation propices à une sécurité sanitaire acceptable. Tout en se protégeant elles-mêmes.

Nous voilà à une autre étape du déconfinement. Périlleuse croient certains, franchissable sans trop de dommages opinent d’autres. Trop tôt ou trop tard? Les opinions divergent.

Chose certaine, le confinement nous a imposé une extrême prudence. Il nous faut réapprendre à vivre avec les aléas de la vie, renouer avec les activités et le contact plus étroit avec les autres.

Les parents dont les enfants fréquenteront l’école retrouveront, malgré leur pincement au cœur, une certaine liberté qui facilitera certes leur télétravail ou leur retour à une vie quotidienne plus habituelle où chacun peut, à l’occasion, rentrer dans sa bulle. Une bonne chose, non? … Oui, je suis une indécrottable optimiste!

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