29 juin 2021
Départ inattendu d’Alstom
Effort collectif ultime pour sauver 91 emplois dans la région
Par: Alexandre Brouillard

La communauté économique et politique de la région veut qu’Alstom revienne sur sa décision et maintienne ses activités dans son usine de Sorel-Tracy. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Des acteurs économiques et politiques ne jettent pas la serviette et s’unissent pour faire appel aux forces vives de la région afin de demander à la direction d’Alstom de se raviser et de revoir son plan de fermer l’usine de Sorel-Tracy.

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Dès 2012, plusieurs acteurs de la région, dont la Société des parcs industriels Sorel-Tracy (SPIST), se sont mobilisés pour maintenir une partie des activités d’Alstom à Sorel-Tracy en offrant une usine moderne pour y implanter la fabrication de bogies.

« La SPIST a investi une partie de l’argent reçu lors de sa création pour construire une usine sur mesure pour Alstom il y a huit ans. […] La SPIST, qui travaille à assurer une activité économique significative dans le parc industriel Ludger-Simard, ne peut laisser annoncer une fermeture imminente sans réagir », mentionne son président du conseil d’administration, Sylvain Ayotte.

Les représentants des organismes socioéconomiques locaux et les élus se demandent pourquoi l’usine soreloise et ses 91 travailleurs ne reçoivent pas le même traitement que celle de La Pocatière, alors qu’Alstom profite du soutien gouvernemental, qui compte la Caisse de dépôt à titre d’actionnaire important, et qui vient de bénéficier d’un engagement de prêt pardonnable de 56 M$ l’hiver dernier.

Bien que l’industrie du transport collectif soit actuellement au ralenti, les acteurs économiques de la région croient que ce secteur d’activités est prometteur pour les décennies à venir. « Malgré un contexte difficile, il arrive que de grandes entreprises voient leur carnet de commandes connaître des creux, mais ce n’est pas une raison suffisante pour démanteler une usine et quitter une région », croit Luc-André Lussier, président de Développement économique de Pierre-De Saurel.

De son côté, Sylvain Dupuis, directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Sorel-Tracy (CCIST), souligne l’importance de la présence d’une entreprise mondiale comme Alstom sur notre territoire, car elle favorise le commerce et l’industrie, stimule le développement civique et surtout parce qu’elle contribue grandement au développement économique local et régional.

Des élus préoccupés

Alors que le Québec retentit chaque jour de projets et de déclarations sur l’électrification des transports collectifs, des élus de la région ne comprennent pas pourquoi Alstom a décidé de fermer les portes de son usine soreloise seulement quelques années après s’être félicité de contribuer à l’expansion du transport électrique au Canada et en Amérique du Nord.

« Nous croyons que cette délocalisation d’emplois et les licenciements nécessitent des explications de la part d’Alstom, a mentionné Serge Péloquin, maire de la Ville de Sorel-Tracy, lors de la dernière séance du conseil, le 21 juin. Ce n’est pas vrai qu’ils vont nous dire qu’ils quittent et qu’ils ne renouvellent pas le bail sans plus d’explication. »

Le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, se montre également préoccupé par le départ de la région d’une entreprise comme Alstom. « Il faut rapidement se mettre tous ensemble en mode solution. C’est une grande période d’incertitude pour les employés et il est de notre responsabilité de les accompagner », indique-t-il.

Patrick Péloquin, conseiller municipal du quartier Des Patriotes à Sorel-Tracy, assure que Jean-Bernard Émond est le mieux placé pour faire pression sur le gouvernement et Alstom. « Le vrai levier dans les négociations est le gouvernement du Québec, et par le fait même M. Émond. Le 56 M$ et les ententes où le premier ministre François Legault a dit que normalement elles devraient être respectées dans l’implantation et dans la conservation des emplois au Québec devraient inclure l’usine de Sorel-Tracy et pas seulement La Pocatière », assure-t-il.

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