30 juin 2015
Des propriétaires prêts à s’endetter pour soigner leur animal de compagnie
Par: Julie Lambert
Malgré une facture qui peut être élevée pour des soins de santé, les propriétaires sont prêts à s’endetter pour soigner leur animal de compagnie. | TC Média – Julie Lambert

Malgré une facture qui peut être élevée pour des soins de santé, les propriétaires sont prêts à s’endetter pour soigner leur animal de compagnie. | TC Média – Julie Lambert

Alors que l’euthanasie était l’option privilégiée il y a quelques années quand un animal de compagnie était malade, la majorité des maîtres choisissent aujourd’hui de piger dans leurs poches, même si la facture peut s’élever à des milliers de dollars.

Après une consultation pour un chien ayant des difficultés à uriner, notre journaliste est repartie avec une facture de 151$ incluant l’examen, un test d’urine et des médicaments.

Puisque le vétérinaire soupçonnait une présence de pierres dans la vessie, on lui a proposé une radiographie au coût de 141$. Si une opération s’avérait nécessaire, la facture pouvait s’élever entre 390$ et 800$ dépendamment du traitement nécessaire. Le prix d’une euthanasie pour son chien âgé de huit ans s’élevait à environ 75$.

Prêts à payer

Plusieurs propriétaires font face à ce genre de choix et ils se posent la question, souligne la vétérinaire à l’Hôpital vétérinaire du Bas-Richelieu, Marie-Claude Lavallée.

Les mentalités ont beaucoup changé depuis les cinq dernières années, affirme-t-elle, puisqu’auparavant, les gens choisissaient sans tergiverser l’euthanasie.

« Dans 90% des cas, les gens vont choisir les traitements. J’ai déjà eu un monsieur avec un animal ayant une infection grave. Il était vraiment mal en point et les traitements s’élevaient à des centaines de dollars. C’était le prix de son loyer, mais il est allé emprunter », raconte-t-elle.

La propriétaire de la clinique vétérinaire Demers, Annie Lemyre, souligne que son animal est comme un membre de la famille. Elle énumère plusieurs cas comme celui d’un chien avec une hernie discale dont les soins se sont élevés à 10 000$. Elle fait même de plus en plus de soins à des animaux exotiques comme des hamsters.

« Les gens s’occupent vraiment plus de leurs animaux qu’il y a dix ans. Ils s’investissent plus. L’évolution de la médecine nous permet également de donner plus de précisions sur la maladie et d’être en mesure de savoir si l’animal est soignable ou pas, ce qui facilite la décision », pense-t-elle.

Même si la facture semble parfois élevée, la grande majorité des cliniques de la région offrent des prix moins chers qu’ailleurs, soulignent les deux professionnelles. Une liste de tarifs recommandés par région est fournie par l’Association des vétérinaires du Québec, mais elle n’est pas réaliste pour le territoire de Sorel-Tracy, pensent-elles.

Période de déménagement

Même si la sensibilisation auprès de la population concernant le bien-être des animaux a évolué au cours des dernières années, les cas d’abandon sont encore nombreux dans la région.

Déjà depuis un mois, la directrice du Centre animalier Pierre-De Saurel, Karine Marcotte, a remarqué une hausse du nombre d’animaux accueillis dans leurs installations. Elle pense qu’une vague sera aussi visible après la période de déménagement du 1er juillet.

Dans la majorité des cas, les trois raisons principales des propriétaires sont les coûts jugés trop chers d’entretien et de soins, le manque de temps pour s’en occuper et le manque d’éducation.

« Il y a de plus en plus de gens sensibilisés. On travaille beaucoup auprès de ceux qui le sont moins et qui relâchent les bêtes dans les bois. Quand les gens adoptent un animal, on essaie de les conscientiser et on leur mentionne qu’il y a des frais associés. »

image