5 mars 2019
Taxe de 25 % sur les produits de l'acier exportés aux États-Unis
Des entreprises de la région en subissent toujours les impacts
Par: Katy Desrosiers
Le milieu de la métallurgie souhaite que le gouvernement canadien mette en place des mesures pour aider les entreprises. 
Photothèque | Les 2 Rives ©

Le milieu de la métallurgie souhaite que le gouvernement canadien mette en place des mesures pour aider les entreprises. Photothèque | Les 2 Rives ©

Environ neuf mois après l’imposition d’une taxe de 25 % sur certains produits d’acier exportés aux États-Unis, les impacts se font toujours sentir chez des entreprises métallurgiques de la région.

Chez Sorel Forge – Finkl Steel, le président Richard LaHaye affirme qu’il a été nécessaire de passer de 400 employés à 350 l’automne dernier. « Ce qui est dangereux, c’est quand tu n’es pas en position de rappeler ton monde. Dans cette situation de pénurie d’emplois dans la région, quand on va les rappeler, ils seront ailleurs », explique M. LaHaye.

Guy Gaudette, représentant du Syndicat des Métallos et responsable du secteur de l’acier pour la région, explique qu’il n’y a pas eu de mise à pied majeure chez ArcelorMittal.

Stabilisation du marché

La situation s’est stabilisée chez Sorel Forge – Finkl Steel. L’entreprise fonctionne à 70 % de sa capacité. Les prix ont commencé à augmenter de chaque côté de la frontière, ce qui permet à l’entreprise de songer à recommencer à vendre aux États-Unis. Selon M. LaHaye, le marché devrait redevenir plus stable dans cinq à 11 mois. « C’est une situation difficile, mais pas dramatique », nuance-t-il.

Comme la majeure partie des exportations de Sorel Forge – Finkl Steel aux États-Unis est imposée, l’entreprise tente de bonifier ses ventes au Canada et à l’international.

Quant à ArcelorMittal, M. Gaudette explique que comme les États-Unis ont aussi imposé une taxe à plusieurs pays, certains viennent vendre à bas prix leurs produits ici, ce qui nuit aux entreprises canadiennes qui offrent le même produit à un prix plus élevé.

Des pistes de solution

Sorel Forge – Finkl Steel est aussi obligée d’importer certains produits pour sa production qui sont taxés et qui ne sont pas disponibles au Canada. Pour ceux-ci, elle est admissible à recevoir de l’argent du gouvernement canadien. Il faut, pour ce faire, fournir les documents comme quoi la taxe a été payée. L’entreprise n’a toutefois pas encore touché à l’argent promis avec cette mesure.

Guy Gaudette, lui, affirme que des clients importants sont allés à Ottawa afin de revendiquer la situation. Le comité sur le commerce extérieur, dont fait partie M. Gaudette, travaille avec le tribunal canadien du commerce extérieur pour mettre en place des mesures pour protéger le marché canadien.

Les entreprises et le comité souhaitent que les entreprises qui vendent leur produits à rabais au Canada se voient imposer une taxe supplémentaire si elles dépassent un certains nombre de ventes.

Cependant, certains clients ont plutôt demandé que la vente de produits provenant du marché international à bas prix ne soit pas pénalisée. « Avec le capitalisme d’aujourd’hui, c’est le profit à tout prix. On ne regarde pas à très long terme quand on agit comme ça et le facteur humain est touché », souligne le représentant des Métallos.

Pour Rio Tinto Fer et Titane, la mesure touche davantage les clients de l’entreprise que l’entreprise elle-même, selon la porte-parole de l’entreprise, Claudine Gagnon.

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