20 février 2018
Semaine de la persévérance scolaire
Des enseignants qui s’éloignent des méthodes traditionnelles
Par: Sarah-Eve Charland

Les élèves sont initiés à la programmation robotique. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Des mouvements de yoga sont enseignés afin de favoriser la concentration en classe. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Stéphanie Pronovost et Natacha Paul-Hus ont choisi de lever le mur entre leur classe. (Photo : Sarah-Eve Charland)

Le modèle traditionnel d’enseignement ne convient plus aux élèves d’aujourd’hui. C’est le constat de plusieurs enseignants rencontrés à l’école primaire Au Petit Bois dans le cadre de la Semaine de la persévérance scolaire. Les enseignants tentent donc d’innover de plus en plus dans leur approche pédagogique.

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« Les méthodes traditionnelles ne rejoignent plus les élèves. Il faut répondre aux besoins technologiques. Il faut les préparer à des métiers qui n’existent pas encore. C’est le défi. On travaille fort pour mettre en place des petits projets qui vont motiver les jeunes », affirme la directrice de l’école primaire, Paule Brouillard.

L’objectif est d’intégrer des notions de français, de science ou de mathématiques par le jeu. « On essaie de partir des intérêts des élèves. Ils ont besoin de faire des liens avec la réalité », poursuit-elle.

Des robots au service des élèves

C’est ce que tente de faire l’enseignante de 6e année, Lily-Anne Bilodeau, qui a intégré la robotique dans sa classe depuis quelques années. Les élèves doivent notamment programmer leur robot à partir de leur tablette électronique. À la fin de l’exercice, le robot doit parcourir une distance prédéfinie en ligne droite.

En plus de rejoindre plus facilement les garçons dans sa classe, elle constate les bienfaits sur un plan bien plus large. « C’est de la résolution de problème. Le professeur n’est pas là pour donner la réponse. Le but, c’est qu’ils la trouvent eux-mêmes. Il n’y a pas de formule magique. »

Les élèves rencontrés devaient composer avec quelques problématiques, comme le plancher glissant. Un des élèves a eu l’idée d’enrouler les pneus d’élastiques en s’inspirant des pneus à clous. « C’est tout de même brillant », note l’enseignante.

Enseigner à deux

Les enseignantes Stéphanie Pronovost et Natacha Paul-Hus ont choisi de réunir leur classe de 4e année de façon quotidienne. Elles poussent tout simplement le mur entre les deux classes afin de planifier des activités en groupe élargi.

Elles utilisent la méthode Cinq au quotidien. Les élèves apprennent une leçon avant le début de l’activité pendant laquelle ils mettent en application ce qu’ils ont appris. Les élèves sont amenés à suivre des ateliers de façons autonomes.

« C’est une façon différente de gérer la classe. C’est la première fois qu’on fonctionne de cette façon en ouvrant le mur. On est encore en adaptation. Quand on ouvre le mur, les enfants sont motivés. Ils s’installent de façon confortable. Ça nous permet de cibler ceux qui ont de la difficulté », mentionne Mme Paul-Hus.

« J’ai une façon d’enseigner. Elle a une façon d’enseigner. Ensemble, on rejoint plus d’élèves. Dans l’idéal, j’aimerais toujours enseigner à deux », ajoute Mme Pronovost.

Intégrer le yoga dans la classe

Isabelle Pontbriand, en 3e année, insère quelques séances de qi gong, un type de yoga chinois, dans ses cours. Les élèves connaissent plusieurs poses, dont celle du singe qui permet de mieux digérer ou de gérer le stress. Ou encore, ils effectuent une routine matinale pour bien partir la journée. Plusieurs classes effectuent cette routine puisqu’elles ont reçu une formation d’une enseignante certifiée.

« Comme des athlètes, ils visualisent leur journée. Ça aide à être plus attentif. C’est la première année que je fais ça. Je vois déjà les effets. Même pendant un examen, certains gigotent. Je leur dis de faire la une pose. Des parents m’ont dit que les élèves le faisaient à la maison », souligne-t-elle.

D’autres initiatives ont été mises en place, comme celle d’intégrer la lecture par des jeux de rôles. C’est le projet des enseignantes Chantal Boisvert et Catherine Salvas en 5e année.

« On évalue l’élève sur sa capacité de penser. On est plus à l’aise avec le jugement professionnel. On sait que le décodage est difficile. Toutefois, à l’oral, on voit que l’élève est capable de raisonner », explique Mme Salvas.

Des projets différents dans les écoles

– À l’école primaire Maria-Goretti, les enseignants en éducation physique, Martin Loranger et Pascal Camirand, ont élaboré une série d’exercices afin d’inciter tous les élèves de l’école à bouger tous les jours. Deux élèves ont fait la démonstration des exercices sur vidéo. Cette initiative a été réalisée dans le programme À l’école, on bouge au cube.

– L’école primaire Laplume, dans le secteur Tracy, a reçu une bourse de 500$ par la Fondation Monique-Fitz-Back grâce à une initiative nommée « Donner au suivant, ça s’apprend! ». Dans le projet, chaque classe doit penser à un projet collectif qui sera fait dans la communauté, au cours de l’année. Parallèlement, chaque élève doit faire un geste positif pour des élèves de l’école. Lorsque l’élève fait un bon geste, une feuille de chêne lui est remise. Cette feuille sera mise sur un arbre. Au fur et à mesure que les mois passeront, notre chêne deviendra de plus en plus feuillu.

– Plusieurs écoles effectuent des sorties scolaires. C’est notamment le cas pour les élèves de troisième année de l’École Saint-Jean-Bosco qui se sont rendus à la Maison symphonique et au Musée des beaux-arts à Montréal, le 31 janvier. Ils ont assisté à un concert de l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction du chef Adam Johnson. Les enfants ont aussi pu découvrir le quatuor de percussionnistes TORQ. Le jeu des perceptions s’est poursuivi en après-midi lors d’un atelier de création d’art visuel au Musée des beaux-arts de Montréal.

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