18 novembre 2016
Des dos d’âne qui divisent des voisins à Sainte-Anne-de-Sorel
Par: Louise Grégoire-Racicot
Les dos d'âne, sur la rue Paul, ont déjà été enlevés. | Pascal Cournoyer

Les dos d'âne, sur la rue Paul, ont déjà été enlevés. | Pascal Cournoyer

La municipalité de Sainte-Anne-de-Sorel s’est rendue aux vœux de certains citoyens ayant signé une pétition pour faire retirer des dos d’âne sur la rue Paul. D’autres résidents dans cette rue déplorent la situation.

Treize signataires de cette pétition habitant sur cette rue ont énuméré les inconvénients de tels obstacles pour eux: bruit de freins et crissements de pneus lors d’accélération subite, gazon endommagé, réduction de la vitesse pour les véhicules d’urgence. Ils en demandaient le retrait.

Une lettre signée par ces résidents accompagnait le dépôt de la pétition. Elle spécifiait qu’« on se fait réveiller à toute heure de la nuit. Une résidente a dû faire les chambres de ses enfants au sous-sol. Un autre citoyen a trouvé un silencieux sur son terrain. Un arbuste a été brisé, etc. »

Des dissidences

Martin Cyr habite rue Paul à Sainte-Anne-de-Sorel. Il a milité il y a quelques années en faveur de l’installation de dos d’âne pour assurer ainsi la sécurité des enfants qui y vivent.

M. Cyr se dit surpris de ces arguments, lui qui réside en face d’un des trois dos d’âne installés. Un sondage fait il y a deux ans avait souligné la satisfaction de plus de la moitié des résidents de la rue à cette présence, rapporte-t-il.

« Nous sommes une quarantaine de voisins sur cette rue et ce sont ceux qui sont sans enfants qui ont signé la pétition. Il y a un dos d’âne devant chez moi et jamais la circulation ne m’a empêché de dormir. Au contraire, il ralentit la circulation. Cela rassurait les parents: la rue présentait moins de danger pour leurs enfants. »

De nouvelles mesures

En retirant les dos d’âne, les élus municipaux ont voulu trouver un compromis, explique le maire Michel Péloquin.

« On s’est dit : il y a de nouvelles façons de faire. Empruntons-les », explique-t-il.

Ainsi la municipalité a fait tracer de nouvelles lignes. Du printemps à l’automne, elle fera installer des poteaux enseignes (ped-zone) qui en réduiront la largeur.

« Et nous avons acheté un radar qui détectera si les automobilistes roulent plus vite sur cette rue que la vitesse permise de 40 km/h que nous avons décrétée, il y a deux ans. »

De fait, M. Cyr n’est pas convaincu que ces mesures seront plus efficaces que les dos d’âne. Il a demandé que le conseil reconsidère sa position, mais il était trop tard. « Il avait déjà commandé à Sintra leur enlèvement. »

Jamais, dit-il, l’affichage ne sera aussi efficace parce qu’on ne l’utilise que deux saisons, déplore-t-il. « Je crois que l’hiver, quand la chaussée est glissante, il y a plus de risques pour les enfants. Six mois par année, la rue sera dangereuse. Quant au radar, il ne changera rien. Depuis l’enlèvement des dos d’âne, la circulation est plus rapide », conclut-il, déçu.

image