6 octobre 2020
L’employé d’EBI coincé dans son camion de recyclage témoigne
« Des anges ont veillé sur moi »
Par: Jean-Philippe Morin

Yvon Pagé a des fractures aux tibias à la suite de son accident de travail le 8 septembre. Photo gracieuseté

L’employé d’EBI Environnement est tombé dans la benne de son camion de recyclage, sur la rue du Prince à Sorel-Tracy. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

L’homme qui est accidentellement tombé dans la benne à déchets de son camion, le 8 septembre, lors d’une opération de routine sur la rue du Prince à Sorel-Tracy, remercie les « anges » et les « dieux » qui ont veillé sur lui.

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Yvon Pagé s’est sorti de ce bête accident avec les deux tibias fracturés, même s’il est « passé deux fois dans le compresseur ». L’homme de 56 ans ne pourra plus marcher dans la prochaine année, mais il se considère tout de même chanceux.

« Les genoux et les chevilles n’ont pas été touchés. Je remercie tous les jours ceux qui m’ont aidé à traverser cette épreuve », témoigne-t-il de son lit d’hôpital, trois semaines après les événements.

Malgré ses 38 ans d’expérience dans le domaine, dont 25 ans chez son actuel employeur EBI Environnement, Yvon Pagé admet avoir été négligent. Le Sorelois a vu ses pieds être coincés et la machine être actionnée alors qu’il tentait de déprendre du carton dans le compacteur.

« C’est un accident bête. Je n’avais pas d’affaire là. Quand tu veux te dépêcher, quand tu veux aller vite, des choses comme ça peuvent arriver. Quand j’ai commencé en 1982, c’était comme ça. Il fallait courir et j’ai toujours gardé cette mentalité. Quand j’ai vu que c’était coincé, j’ai été le déprendre, comme je fais 50 fois par semaine, sauf que là, ça n’a pas fonctionné », raconte-t-il.

Conscientisation

Yvon Pagé admet s’être « trop fait confiance » en raison de sa grande expérience. « Il y a un conseil que je donne souvent aux autres et que j’ai complètement oublié : le seul moyen de rallonger la vie, c’est d’essayer de ne pas la raccourcir. C’est en plein ça que je n’ai pas fait », avoue-t-il.

Ce mea culpa l’a incité à vouloir aider son prochain. Au cours des derniers jours, alors qu’il était incapable de fermer l’œil pendant quelques nuits, le quinquagénaire s’est installé et a rédigé une formation qu’il aimerait faire suivre à de futurs employés.

« Ça parle de comment se comporter dans telle ou telle situation. Quand j’ai commencé, le cours durait 10 secondes. C’était : voici une poubelle, tu la vides dans le truck. Il n’y avait rien sur comment se nourrir, comment garder son énergie, comment se comporter quand le truck recule, etc. Mon but est de faire connaître mon expérience aux autres », explique-t-il.

Un homme changé

Cet accident lui a fait ouvrir les yeux. Celui qui était un bon fumeur et qui mangeait « tout le temps du fastfood » n’a pas touché à une cigarette depuis trois semaines et mange plus de fruits.

« J’ai entrepris un virage à 180 degrés et je compte le poursuivre à ma sortie de l’hôpital. Tout le monde m’appelait Mononcle bonbon, mais là, j’ai décidé de couper le sucre. Je veux me prendre en main. Cet accident-là, c’est un mal pour un bien! », lance-t-il.

Yvon Pagé a d’ailleurs tenu à remercier plusieurs personnes qui l’ont aidé, autant la journée de l’accident que pendant sa réhabilitation.

« Je veux remercier Réjean Laforce, qui ne me voyait pas puisque j’étais pris dans le camion, mais qui m’a entendu appeler à l’aide et a appelé le 911. Il a appelé mon dispatch Richard Arnold à la radio, que je remercie aussi. Tous les policiers, pompiers, ambulanciers, l’infirmière Jocelyne Lavallée qui m’a accueilli à l’hôpital, les médecins… vous êtes mes anges gardiens. Ma famille et mes amis qui m’ont beaucoup rendu visite : Johanne Doucet, Dany et Jessica Lemay, Tania Pagé… J’habitais au troisième étage, mais comme je ne pourrai plus remarcher d’ici un an, je dois déménager, et mes amis m’ont aidé. Je leur en serai éternellement reconnaissant », conclut M. Pagé, qui pourra sortir de l’hôpital sous peu.

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