1 juin 2015
De nouveaux soins de santé prodigués à domicile en milieu rural
Par: Louise Grégoire-Racicot
Les soins seront dispensés  à un point de service ou à la maison. | TC Média - Pascal Cournoyer

Les soins seront dispensés à un point de service ou à la maison. | TC Média - Pascal Cournoyer

La coopérative solidarité santé Jean-Jacques-Falardeau, basée à Massueville, ajoutera des soins et services à domicile aux soins de santé qu’elle offre déjà dans les municipalités rurales environnantes.

Elle a du même coup changé son mode de financement, abolissant la cotisation de 80$ des membres et préférant plutôt imposer des frais pour les soins dispensés. Mais elle maintient la part sociale de 20$ pour en devenir membre.

Même si les frais seront différents pour les membres et les non-membres, selon que les services sont dispensés à la maison ou à un point de service, « tous les utilisateurs y trouveront des avantages qu’ils soient membres ou pas », fait remarquer le trésorier de la coop, le maire de Massueville Denis Marion.

Il s’explique: la cotisation de 80$ n’était pas remboursable par les assurances, ni déductible d’impôt. Mais les montants déboursés pour des soins et des services le sont.

À la source, une enquête

C’est une analyse de marché qui a mené la coop à prendre ce tournant. Elle a révélé que la demande pour des soins et des services à domicile étaient en croissance constante dans la région, notamment avec l’augmentation du nombre de personnes âgées et l’arrivée de jeunes familles.

« De plus, les gens se disaient prêts à payer pour ces services », a révélé sa secrétaire, Suzanne Lalande.

« Contrairement aux soins donnés par un médecin, qui sont gratuits pour tous parce que payés par l’assurance-maladie, les soins et services prodigués par le personnel infirmier peuvent être facturés », dit-elle.

En fait, c’est seulement à l’hôpital que ces soins sont gratuits, poursuit-elle. « Mais s’y rendre coûte aussi quelque chose (essence, stationnement, etc.) sans compter les heures d’attente que cela peut impliquer. C’est ce qui a mené la coop à vouloir ces soins infirmiers plus accessibles dans les municipalités, voire à domicile. »

Ce projet lui permettra également d’être présente dans plus de municipalités, dont Saint-Robert, Saint-Marcel-de-Richelieu ou Sainte-Victoire-de-Sorel qui s’ajouteront à ceux qu’elle dessert déjà: Saint-Aimé-Massueville, Yamaska, Saint-David et Saint-Louis.

Voilà la formule adoptée par la coop pour assurer sa survie, elle qui n’a pu profiter de projets conjoints avec des organismes gouvernementaux, rappelle son président, Raymond Arel. Il a qualifié sa situation financière de préoccupante.

« Pour maintenir la coop et continuer à offrir des soins et services en santé accessibles à nos populations rurales, nous devons offrir ce que la population demande, tout en étant rentable et autonome », a-t-il soutenu. Car la coop est un organisme sans but lucratif qui ne reçoit aucune subvention.

C’est le 5 juin qu’elle examinera un plan d’action détaillé pour la mise en place de ces nouveaux services.

« Notre intention n’est pas de nous enrichir, de faire des profits, mais de facturer en tenant compte de la capacité de payer des gens, mais aussi, et on n’a pas le choix, de la rentabilité. Sinon, on doit fermer nos portes », a dit son président Raymond Arel lors du dépôt du projet à l’assemblée générale de l’organisme tenue le 26 mai qui a ratifié cette formule.

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