15 février 2019
Création d’un poste décisionnel à l’Hôtel-Dieu de Sorel : le milieu s’enthousiame
Par: Jean-Philippe Morin

Un nouveau poste de direction a été créé à l'Hôtel-Dieu de Sorel. Photothèque | Les 2 Rives ©

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est (CISSSME) a créé un poste de direction adjointe des activités hospitalières pour l’Hôtel-Dieu de Sorel. Une décision qui réjouit le milieu.

« La volonté de la direction est d’assurer la fluidité, la cohérence et l’efficacité dans la gestion quotidienne des opérations de l’Hôtel-Dieu de Sorel. À la suite de l’analyse réalisée ces derniers mois, à laquelle ont contribué des médecins et des gestionnaires, le comité de direction a entériné la création de ce poste », peut-on lire dans le communiqué de presse.

Le directeur adjoint aura la responsabilité de coordonner les activités quotidiennes, autant des secteurs cliniques que de soutien, afin de faciliter et d’améliorer la trajectoire des usagers dans l’hôpital et leur transfert dans la communauté.

« La responsabilité première de la gestion revenait et revient toujours aux chefs de service et d’unité présents sur place. Le directeur adjoint a un rôle de catalyseur et de soutien aux équipes afin de faciliter la coordination des soins et services rendus à la clientèle. […] La direction adjointe s’assurera de la coordination des soins et services et que les décisions ayant un impact immédiat sur la gestion des activités quotidiennes soient prises rapidement. En ce sens, il aura une influence décisionnelle sur le court terme. Par ailleurs, il participera en tant que directeur adjoint aux diverses rencontres de direction pour les orientations à moyen et long terme du CISSSME. Il travaillera en collaboration avec les autres directions de par son rôle transversal à l’Hôtel-Dieu, mais il ne substitut pas aux directions et directions adjointes existantes », écrit dans un courriel le porte-parole du CISSSME, Daniel Vincent.

Il se verra en charge de la mise en place d’une salle de pilotage, un outil qui s’implante depuis deux ans dans plusieurs des directions du CISSSME. La salle de pilotage permet de soutenir les efforts communs, d’intervenir rapidement sur les obstacles, d’augmenter la synergie des équipes au quotidien pour une bonne organisation du travail, et ce, toujours dans le but d’améliorer les services à la clientèle.

Le nouveau directeur relèvera d’Éric Tremblay, directeur des soins critiques et coordination des activités hospitalières. Il deviendra le supérieur immédiat des gestionnaires des unités des soins intensifs, de l’urgence et de la gestion des séjours à l’Hôtel-Dieu de Sorel. Il exercera également une autorité fonctionnelle auprès des autres cadres intermédiaires des directions cliniques et de soutien de l’Hôtel-Dieu de Sorel.

L’affichage du poste se tiendra dans les prochaines semaines et l’entrée en fonction est souhaitée dans les meilleurs délais.

Des réactions positives

Le Comité des usagers Pierre-De Saurel (CUPDS) applaudit la venue à Sorel-Tracy, sur une base permanente, d’un cadre supérieur qui aura la responsabilité spécifique des activités hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Sorel. Selon le CUPDS, ce poste était réclamé par tous les intervenants du milieu depuis la centralisation des postes décisionnels hors de la région avec la réforme de l’ex-ministre Gaétan Barrette.

« Certains s’interrogeront sur la pertinence de rajouter un cadre au détriment du personnel soignant, directement en contact avec les usagers. Le fait d’avoir à Sorel-Tracy un cadre décisionnel, surtout si la perle rare résidait directement dans notre milieu, est un avantage indéniable pour faire remonter avec plus d’efficacité nos préoccupations et celles du personnel vers la direction générale du CISSSME et ainsi, faire entendre notre voix », souligne Claude Himbeault, président du Comité des usagers Pierre-De Saurel. Il ajoute que les problèmes identifiés (ex. : rétention du personnel, organisation du travail, etc.) trouveront leurs solutions plus rapidement notamment en termes d’approbation.

De son côté, le député de Richelieu Jean-Bernard Émond avait fait de la décentralisation des pouvoirs de l’Hôtel-Dieu de Sorel son premier engagement électoral.

« Toute initiative qui vise à améliorer localement l’efficacité de la gestion au quotidien de l’établissement est un pas dans la bonne direction, explique-t-il en entrevue. Ce qui est primordial, c’est que la population est en droit de recevoir des soins de qualité et pour y arriver, c’est important d’être en mesure de prendre localement les décisions. Je vais suivre avec attention l’arrivée en poste du nouveau ou de la nouvelle directeur/directrice adjoint(e) et on va voir à l’usage les résultats. »

La CAQ n’entend pas rejouer dans les structures, assure M. Émond. Le député a plutôt décidé d’ouvrir les discussions afin d’ajouter la représentativité de la région sur le conseil d’administration du CISSSME. En ce moment, deux seules personnes, Antoine Hejeily et Lise Lord, s’y retrouvent alors que la quinzaine d’autres administrateurs proviennent de Saint-Hyacinthe ou Longueuil.

« C’est aussi une façon de ramener une forme de pouvoir décisionnel ici à Sorel-Tracy. J’ai déjà parlé à la ministre McCann à ce sujet. S’il y a 17 personnes, j’aimerais qu’il y ait au moins le tiers des personnes sur le c.a. qui sont de la région. Ce n’est pas quelque chose qui relève de moi, mais j’ai déjà commencé à m’informer de la provenance de ces gens-là. »

Quant au maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, il se dit heureux que les pressions du milieu aient porté fruit. Le 12 mars 2018, un regroupement d’élus, de citoyens et de membres de syndicats locaux avait interpellé le ministre de la Santé de l’époque, Gaétan Barrette, afin de rapatrier les directions au sein des établissements locaux de santé à Sorel-Tracy. Malgré tout, il reste encore beaucoup de travail à faire afin d’en arriver à une décentralisation complète, selon le maire.

« On veut des pouvoirs décisionnels localement parce qu’à chaque fois qu’il y avait une situation quelconque, comme le bronchoscope ou Optilab, on n’avait personne pour régler nos problèmes locaux. […] On a hâte qu’il/elle arrive en poste pour lui signifier tous les soucis que les citoyens ont », conclut M. Péloquin.

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