12 janvier 2021
Confinée, mais libre!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Les Québécois sont confinés depuis le 25 décembre dernier. Samedi soir, dès 20 heures, l’étau s’est resserré d’un cran. Le premier ministre nous avait chanté de rentrer chez nous, il a ajouté : « et n’en sortez pas entre 20 et 5 heures! »

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La MRC de Pierre-De Saurel n’échappe pas à cette règle, elle dont le nombre de nouveaux cas de COVID-19 a augmenté de 130 la semaine dernière seulement. Et où le virus y a fait 25 morts depuis février dernier.

On peut voir la contrainte du couvre-feu de deux façons. Ou elle restreint notre liberté. Ou elle force à l’exercer en toute lucidité – c’est-à dire, non pas chialer ou contester sur les réseaux sociaux, mais plutôt décider de respecter la nouvelle règle ou de la transgresser. Sortir ou ne pas sortir après 20 heures, là est toute la question!

Décréter un couvre-feu a peu de précédents au Québec. On sait bien qu’interdire quelque chose la rend plus attrayante encore aux yeux de certains. D’ailleurs, j’ai souvent ressenti cela. J’ai parfois, pour diverses raisons, transgressé des règles établies, mais souvent à mes dépens!

Aujourd’hui, est-ce l’âge, une plus grande capacité de prendre du recul, des conditions de vie facilement adaptables à la situation, la crainte de devenir un vecteur de transmission du virus ou est-ce une meilleure conscience sociale qui m’incite à rester chez moi après 20 heures? Peut-être est-ce cet ensemble de raisons. Mais je sais que j’y resterai sans penser une minute que je suis brimée dans ma liberté. Car je choisis d’y rester, consciente de ce choix. Parce que je vois bien que tant que le vaccin ne sera pas accessible au plus grand nombre, la prudence le commande. Elle est essentielle pour pouvoir renouer avec une vie plus normale. Il faut espérer que tout est aussi clair pour tous les gens de notre région. Que ce choix sera aussi le leur!

Entretemps, on doit applaudir la préoccupation de la Chambre de commerce de Sorel-Tracy, associée à ces deux grands employeurs que sont Rio Tinto et Desjardins, ainsi qu’à la Ville de Sorel-Tracy, de remettre l’accent sur la campagne «  J’ai trouvé à Sorel-Tracy! ». Une promotion de l’achat local qui repose essentiellement sur notre réflexe de d’abord vérifier si les boutiques et commerces d’ici ont les produits recherchés avant d’acheter ailleurs. Car l’achat local permet de garder nos entreprises, commerces et services régionaux en santé et consolide les emplois ici.

Déjà plusieurs concitoyens ont adopté cette approche, certes un stimulus d’importance pour nos gens d’affaires. Et il sera d’autant profitable pour eux que leurs clients sentiront leur intérêt à faire ce qu’il faut pour répondre à leurs demandes.

Il faut aussi souhaiter que cet autre temps d’arrêt de la vie collective soit l’occasion, pour ceux qui en président l’avenir, de mieux cerner l’orientation de leurs actions futures en matière économique, culturelle, sociale, touristique et de loisir. C’est le moment de partager avec leurs pairs et concitoyens, des approches et idées concrètes qu’ils se proposent d’amorcer avant l’automne où s’enclenchera alors la période électorale proprement dite. Ajouter des réalisations à leur bilan actuel ne pourra qu’être bénéfique à tous, non?

Ainsi cette pandémie nous aura convaincus qu’il ne suffit pas de prendre soin de soi, mais aussi des autres. C’est notre responsabilité première, personnelle et collective! C’est aussi celles que nous confions aux décideurs et élus de notre région pour qu’elle se développe adéquatement et de façon durable. Pour que des gens continuent d’y trouver du plaisir à y vivre pleinement.

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