8 mai 2018
CLSC : une mère dénonce une attente trop longue
Par: Sarah-Eve Charland

Une mère dénonce avoir attendu pendant plus de 10 mois pour obtenir des services au CLSC Gaston-Bélanger. (Photo : Sarah-Eve Charland)

En attente depuis 10 mois pour obtenir de l’aide à l’accueil psychosocial au CLSC Gaston-Bélanger, une mère désespère de voir sa jeune adolescente déprécier au fil des mois.

La mère a déposé une demande au CLSC en juin 2017 pour obtenir des services, à la suggestion d’une intervenante scolaire. Cette dernière a également soumis une demande à l’accueil psychosocial. L’adolescente éprouve certaines difficultés en milieu scolaire qui seraient de l’ordre relationnel et émotionnel. L’intervenante soupçonne un trouble de l’attachement.

La mère a préféré taire son identité afin d’éviter des représailles auprès de sa fille. Ses problèmes seraient survenus à la suite d’un conflit familial l’année dernière. Depuis, les résultats scolaires ont chuté. L’adolescente éprouve des difficultés à socialiser à l’école et pleure constamment.

« Elle en vit beaucoup trop. Elle n’a pas d’exutoire. Elle a explosé en juin 2017. C’est pour cette raison que l’école m’a conseillée de me tourner vers le CLSC. Je n’ai pas les outils pour gérer un trouble de l’attachement. […] Je la regarde déprécier et je ne peux rien faire », déplore la mère.

La demande de services a été déposée lorsque la jeune fille se retrouvait en 5e année du primaire. L’intervenante a souligné, dans une lettre remise à la mère, être inquiète pour la 6e année du primaire, mais surtout pour la passation au niveau secondaire. La jeune fille est en train de terminer sa 6e année à l’école primaire à l’heure actuelle et devrait se diriger vers l’école secondaire à l’automne, et ce, sans avoir eu de service, souligne la mère.

Elle croyait également qu’une demande conjointe avec l’école lui permettrait d’obtenir des services plus rapidement. Cette dernière ne comprend pas pourquoi elle a du attendre 10 mois avant de recevoir un appel de la part de l’accueil psychosocial.

« Je peux comprendre que tu n’as pas énormément de temps. […] Je peux comprendre qu’il y a des cas plus urgents. Plus ça avance, plus ma fille me dit qu’elle est tannée, à bout, épuisée. Elle ne devrait pas subir des étapes administratives pour obtenir des services », affirme-t-elle.

Un rendez-vous enfin planifié

Après les démarches du journal Les 2 Rives afin d’obtenir des explications, la mère a reçu un appel afin de planifier un rendez-vous.

Selon les normes du CISSS, les usagers doivent avoir un retour dans les 48 heures. Les demandes reçues sont analysées dans les 10 jours suivants par le CISSS selon les besoins de l’usager. Le dossier est par la suite référé au bon service ou programme.

« Par ailleurs, il pourrait y avoir une priorisation en fonction des facteurs de risque. Le rôle de l’accueil est d’analyser la demande et de référer vers le service requis. L’accueil n’offre pas de services psychosociaux. Elle ne fait qu’une intervention ponctuelle permettant d’analyser la demande et atténuer la crise », soutient la porte-parole du CISSS, Catherine Latendresse.

Dans ce cas-ci, le dossier a été référé au programme Jeunes en difficulté. Pour ce programme, les usagers peuvent attendre jusqu’à neuf ou dix mois pour obtenir un service. Toutefois, la cible ministérielle pour Jeunes en difficulté est que 75% des jeunes aient une première intervention dans les 30 jours suivants. Une référence par l’école ne garantit aucunement une prise en charge accélérée, mentionne Mme Latendresse.

« Lorsqu’on attend pour un service, toute attente est toujours trop longue. Nous espérons toujours répondre le plus rapidement possible à toutes les demandes. […] Cependant, un dossier peut être repriorisé en tout temps si la situation se détériore ou si des faits nouveaux sont portés à notre attention », ajoute-t-elle.

En 2017-2018, ce sont 839 usagers ont été référés au programme Jeunes en difficulté.

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