26 juin 2020
Cinquante ans d’histoire
Par: Jean-Philippe Morin

Première activité publique de la SHPS, le 10 juin 1970 : Georges-Henri Cournoyer, Yvon Beaudry, Jocelyne Paul-Hus, Thérèse Cadoret, Roland Gaudreau, Walter S. White, Louise Valois-Liessens, André Durocher. Photo gracieuseté

Le 10 juin 1970 marquait les débuts de la Société historique Pierre-de-Saurel (SHPS). En 50 ans, l’organisme a pris de l’ampleur notamment en se faisant connaître, mais aussi en acquérant de nombreuses archives.

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En date d’aujourd’hui, la SHPS compte 1,3 kilomètre linéaire d’archives. « C’est énorme, mais on a aussi beaucoup d’éléments visuels et audios à consulter sur place », relate l’historienne Amy Cournoyer.

Des débuts modestes

L’aventure a débuté grâce à un groupe de passionnés d’histoire qui, séparément, avaient le patrimoine à cœur. Le premier président en 1970 était d’ailleurs Roland Gaudreau, cet ancien directeur du Cégep de Sorel-Tracy décédé il y a quelques semaines.

« Au début, ils n’avaient pas dans l’idée de faire un centre d’archives. C’était vraiment plus axé sur des rassemblements, des conférences. La région a énormément de patrimoine étant donné que Sorel est une ville ancienne, alors il y avait de la matière pas mal! », lance Mme Cournoyer.

Au fil des années, l’organisme a pris de l’ampleur grâce à plusieurs collaborateurs, dont Walter S. White, qui faisait beaucoup de recherches historiques. À cette époque, il se déplaçait même à Ottawa pour consulter des documents.

Des acquisitions importantes

Madeleine St-Martin, qui siège toujours sur le conseil d’administration, a également grandement contribué à faire grandir la SHPS au début des années 80 grâce à l’acquisition de son premier fonds, soit une quarantaine de boîtes de documents de Sorel Industries.

Puis en 1992, une autre acquisition majeure a été effectuée, soit une partie des documents de Marine Industries.

Entretemps, la SHPS a changé d’emplacement à quelques reprises afin de pouvoir entreposer toutes ses archives. Ce n’est qu’en 1995, lors de la création du Biophare et du parc Regard-sur-le-Fleuve, que la Société historique a pu s’installer dans ses locaux actuels, sur la rue St-Pierre.

Un tournant majeur

L’année 1996 a marqué un grand tournant dans l’aventure de la SHPS, qui est devenue un centre d’archives privées agréé. À ce moment, l’organisme est soutenu par le ministère de la Culture et des Communications du Québec et associé à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

« On est passés d’un organisme bénévole à une entreprise qui embauche des employés. On doit avoir au minimum un archiviste sur place et c’est très réglementé. Par exemple, notre voûte doit être à une certaine température contrôlée », illustre Amy Cournoyer.

Depuis ce temps, la SHPS a continué d’acquérir plusieurs fonds, dont des archives des journaux locaux (La Voix, puis Les 2 Rives plus récemment).

« Ce tournant nous a permis de nous démarquer d’autres centres. Aujourd’hui, on pourrait compétitionner avec un endroit de la trempe du Musée McCord à Montréal », compare-t-elle.

Il y a quelques semaines, la SHPS a acquis l’entièreté de la correspondance du Patriote Louis-Joseph Papineau (1796-1871), c’est-à-dire 1800 lettres, dont certaines de plus de 30 pages.

Ce don provient de George Aubin, professeur, historien autodidacte, auteur et coauteur avec Renée Blanchet, de six livres relatant la totalité de la correspondance de Papineau; le tout étant le fruit de plus de 10 années de travail acharné, notamment au niveau de la transcription.

« Papineau n’a pas été souvent chez lui, donc il écrivait beaucoup. M. Aubin a réuni toutes ses correspondances, ce qui est vraiment impressionnant », confie l’historienne.

Une année 2020 remplie d’incertitudes

En raison de la pandémie, plusieurs activités ont été suspendues à la SHPS. C’est le cas des conférences, qui attirent plusieurs curieux en temps habituel.

Pas question de faire une croix immédiatement sur les visites guidées historiques au centre-ville, avertit Amy Cournoyer. « On attend des réponses pour des subventions. C’est encore en discussion, puisque chaque année, on bénéficie d’une subvention pour offrir ce service », explique-t-elle.

Cette activité, à laquelle participent plusieurs visiteurs chaque été, en serait à sa 14e année.

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