7 octobre 2020
Près de 400 propriétés sont menacées de disparaître progressivement
Caroline Proulx sensibilisée au patrimoine bâti de l’archipel des îles du lac Saint-Pierre
Par: Sébastien Lacroix
La ministre du Tourisme et députée de Berthier, Caroline Proulx, a visité les îles de Sorel en chaloupe, le 28 septembre, en compagnie des maires Michel Péloquin (Sainte-Anne-de-Sorel), Jean-Luc Barthe (Saint-Ignace-de-Loyola) et Robert Sylvestre (Saint-Barthélémy). Photo gracieuseté

La ministre du Tourisme et députée de Berthier, Caroline Proulx, a visité les îles de Sorel en chaloupe, le 28 septembre, en compagnie des maires Michel Péloquin (Sainte-Anne-de-Sorel), Jean-Luc Barthe (Saint-Ignace-de-Loyola) et Robert Sylvestre (Saint-Barthélémy). Photo gracieuseté

La ministre du Tourisme et députée de Berthier, Caroline Proulx, a visité l’archipel des îles du lac Saint-Pierre, le 28 septembre dernier. Une excursion d’une heure en compagnie des maires de Sainte-Anne-de-Sorel, de Saint-Ignace-de-Loyola et de Saint-Barthélémy qui avait pour objectif de la sensibiliser à l’importance d’assouplir une politique qui porte atteinte au patrimoine bâti des îles. Ce qui est en quelque sorte sa marque de commerce.

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La Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) ne reconnaît pas le droit acquis de quelque 400 propriétés principales ou secondaires de l’archipel étant donné qu’elles sont situées dans le littoral du fleuve Saint-Laurent, selon le ministère de l’Environnement.

Ces propriétés, dont plusieurs commerces, ont pourtant été construites en fonction des inondations et des coups d’eau qui y sont fréquents. Elles sont appelées à disparaître progressivement si l’application sans nuance de la Politique que contestent les municipalités est maintenue. Puisqu’advenant qu’elles soient affectées par un incendie ou une catastrophe naturelle, elles ne pourraient pas être reconstruites.

En effet, comme le stipulent les dispositions de la Zone d’intervention spéciale (ZIS) mise sur pied à la suite des inondations du printemps 2019, il est interdit de reconstruire une résidence en zone 0-2 ans.

Une réglementation qui est d’autant plus problématique pour les municipalités de Saint-Ignace-de-Loyola et de La Visitation-de-l’Île-Dupas pour lesquelles la zone inondable 0-2 ans couvre un peu plus de la moitié de la superficie terrestre. Ce qui touche près de 150 résidences des îles de Berthier.

Du côté de Sainte-Anne-de-Sorel, ce sont près de 200 résidences qui sont établies dans une zone de récurrence 0-2 ans sur la cartographie ans effectuée en 2013 que la Municipalité conteste et n’a jamais voulu mettre en application.

C’est pourquoi les maires demandent de nouvelles dispositions réglementaires pour assurer la pérennité du patrimoine bâti existant au sein de l’archipel du lac Saint-Pierre. Sans quoi ils craignent d’essuyer des pertes fiscales et une réduction du pouvoir d’attraction.

Ils font également valoir que le tourisme pourrait être affecté par la perte potentielle de patrimoine bâti. « Les maisons sur pilotis, surélevées au-dessus des cotes de crues, forment un paysage attrayant et témoignent d’un riche héritage socioculturel », font valoir les maires de la MRC d’Autray, dans une résolution appuyée par le Conseil de la MRC de Pierre-De Saurel.

La ministre à l’écoute

Les maires ont remis à la députée de Berthier et ministre du Tourisme un document de 129 pages, contenant l’ensemble de l’argumentaire qui a été monté jusqu’ici. « Elle a paru très préoccupée et nous a dit qu’elle ferait les représentations nécessaires », nous a fait savoir le maire de Saint-Anne-de-Sorel, Michel Péloquin.

Caroline Proulx n’a pu répondre à nos demandes d’entrevues, la semaine dernière. Son cabinet nous a informés qu’elle devait d’abord prendre connaissance du projet de loi 67 déposé le 30 septembre par la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), Andrée Laforest.

Un projet de loi qui viendrait abroger la PPRLPI et qui ferait en sorte que le nouveau régime d’aménagement du territoire dans les zones inondables serait appliqué par les municipalités. Celui-ci prévoit élargir les pouvoirs de MRC afin de leur permettre de régir l’occupation du sol en zones inondables.

Le gouvernement pourrait ainsi autoriser, « dans des secteurs situés en zones inondables et dont l’indice d’exposition aux inondations est faible ou négligeable, certains travaux, constructions ou interventions conditionnellement à l’adoption, par la MRC, d’un plan sectoriel de gestion des risques liés aux inondations », peut-on lire dans le document.

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