27 février 2020
Palmarès des cégeps du Journal de Montréal
« Ça ne traduit pas du tout la complexité de ce qu’est la réussite au collégial » – Stéphanie Desmarais
Par: Katy Desrosiers

Le Cégep de Sorel-Tracy croit qu’il est impossible de définir un établissement collégial seulement par son taux de diplomation. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Le Cégep de Sorel-Tracy et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) déplorent la création du palmarès des Cégeps du Journal de Montréal. La directrice générale du collège, Stéphanie Desmarais, affirme que plusieurs données primordiales concernant la réussite scolaire ont été mises de côté comme la qualité des services.

Publicité
Activer le son

Selon Mme Desmarais, il faut prendre les résultats avec beaucoup de réserve, puisque les données ministérielles utilisées portent seulement sur le taux de diplomation et sont décontextualisées.

« Ça ne traduit pas du tout la complexité de ce qu’est la réussite au collégial. […] Il y a des efforts constants dans le réseau, particulièrement au Cégep de Sorel-Tracy, pour rendre accessibles les études supérieures à des élèves qui ont des difficultés d’apprentissage de toutes sortes », souligne la directrice. Le collège a le deuxième plus haut taux d’élèves en situation de handicap, soit avec des difficultés d’apprentissage.

Le président de la FECQ et ancien étudiant du Cégep de Sorel-Tracy, Philippe Clément, affirme que le palmarès ne représente en rien les réelles préoccupations de la population étudiante à l’heure du choix d’un cégep. « La vie de campus et la diversité de l’offre de programmes sont des impondérables qui font la beauté de chaque cégep et dont il faut tenir compte », soutient-il, à quelques jours du 1er mars, soit la date limite pour les inscriptions au premier tour au cégep.

Les données utilisées dans le palmarès classent les cégeps selon le taux de diplomation calculé deux ans après la durée prévue des études. Aussi certaines données doivent être interprétées avec prudence puisque le nombre d’étudiants inscrits dans les cinq dernières cohortes est très bas.

Mme Desmarais et la directrice des ressources humaines et des communications, Cathia Simard, sont même étonnées que certains programmes, comme celui d’Arts, lettres et communication, soient représentés dans le classement, puisque cette année, seulement trois étudiantes termineront leur cursus dans ce programme.

Pour la directrice générale, il est plus important qu’un étudiant trouve sa voie plutôt que de terminer son cheminement dans les délais prévus. « Qu’un étudiant débute dans un programme et que finalement, au bout d’une année, il se rend compte qu’il serait plus heureux dans la technique voisine, pour moi, ça fait aussi partie de la réussite éducative. […] Je pense qu’avec l’évolution de la société, aujourd’hui, des jeunes qui font le parcours standard dans le temps prescrit, ça sera de moins en moins vrai », explique-t-elle.

D’un bon œil

Malgré tout, le Cégep de Sorel-Tracy fait une interprétation positive du palmarès. Mme Desmarais cite en exemple le programme de soins infirmiers qui est classé au 37e rang sur 44 collèges. « Ça pourrait paraître décourageant, mais une des choses que le palmarès ne dit pas, c’est que le taux de réussite à l’examen de l’Ordre des Infirmières et Infirmiers du Québec pour 2019 a été de 100 %, alors que la moyenne provinciale est de 91 % », mentionne Mme Desmarais.

Elle note que pour un petit cégep, des miracles sont réalisés pour garder l’attractivité du collège et maintenir des programmes de qualité. « Une bonne proportion de nos étudiants dans nos techniques sont de l’extérieur de la région, précise-t-elle. Ils viennent ici, habitent aux résidences et ils sont engagés. […] Ils deviennent des Sorelois d’adoption et tout ça, c’est incomparable. »

image