2 juin 2020
Aux élus
Par: Louise Grégoire-Racicot

Forte d'une expérience de plus de 40 ans dans les médias, dont 37 au journal Les 2 Rives, Louise Grégoire-Racicot écrit une chronique hebdomadaire à propos de sujets régionaux.

Qu’ont en commun Statera, le Cabaret Les Années Folles, le Centre des arts contemporains du Québec à Sorel-Tracy et la salle de spectacle anti-COVID?

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Voilà tous des projets concoctés par des organismes privés ou publics qui ont reçu l’appui politique, sinon financier, de la Ville, et ce, sans que cette dernière demande l’approbation de ses citoyens.

Ses élus semblent savoir ce qui est bon pour tous. Non qu’on doute de leur sincérité dans ces démarches, mais on ne sent pas toujours l’enthousiasme de chacun d’eux dans ces engagements. Une exception : le complexe sportif et récréatif (amendé par la suite).

Ce cas est pourtant flagrant : la population avait emboité le pas parce que bien informée sur tous ses aspects. La Ville avait pris les bons moyens – rencontres, bulletin municipal, réponses aux questions, vidéos pour l’expliquer.

Dans tous les autres cas, on peut déplorer des lacunes à communiquer en bonne et due forme tous leurs tenants et aboutissants. Notamment les sommes déboursées, les baux et engagements financiers engageant ultérieurement la Ville et les promoteurs de ces différents projets.

Il faut toutefois applaudir la récente intervention du conseiller Patrick Péloquin qui a pris 10 minutes de la dernière assemblée publique du conseil pour préciser celui du Centre des arts contemporains et la contribution municipale.

Des explications toutefois venues sur le tard à quelques minutes seulement de l’adoption d’un bail emphytéotique de 35 ans pour la partie du quai Richelieu occupée par le projet.

Pourtant, l’ampleur de ces projets commandait une stratégie de communication beaucoup plus proactive, et ce, bien avant la signature d’une entente avec un promoteur. Histoire que les citoyens le comprennent bien. Les élus ne doivent surtout pas voir dans leurs questions une opposition, mais souvent plutôt l’expression d’inquiétudes quant aux impacts possibles de ces projets sur leur environnement et les finances municipales.

Le conseil doit se rappeler les récents dossiers de Statera et du Cabaret Les Années Folles, dont les résultats n’ont pas rencontré les prévisions, pour diverses raisons. Ce qui a fait naitre la méfiance de plusieurs à leur égard et à celui de promoteurs.

Pour contrer cela, les citoyens doivent être informés tôt de toutes les dimensions d’un projet – qu’il soit privé ou public.

Car les Sorelois, souvent sceptiques, aiment voir venir et détestent les mauvaises surprises. L’imprécision les amène à voir des cachettes et manigances, même où il n’y en a pas.

Ils aiment aussi se sentir entendus et veulent retrouver des gens qu’ils connaissent au sein des promoteurs. Des gens qui questionnent puis leur donnent l’heure juste. Ils prennent un certain temps à faire confiance. Ils ne donnent pas le Bon Dieu sans confession!

Ainsi les élus ne peuvent prendre pour acquis que tout leur est permis et qu’ils rendront des comptes plus tard. Parce que chacun sait qu’il y aura toujours des coûts qu’entrainent ces projets pour la ville si elle veut soutenir leur développement.

Oui, c’est bien d’avoir plein de projets simultanés. Il ne faut surtout pas tout arrêter pour un projet le temps qu’il avance. Ni mettre tous ses œufs dans le même panier comme ce fut parfois le cas.

Les citoyens ne doivent pas non plus apprendre par la presse nationale ce qui se projette chez eux.

Enfin, ils doivent toujours être informés des noms de ceux qui pilotent ces projets. Pour les assurer qu’il n’y a pas présence de conflits d’intérêts – apparents ou réels – entre promoteurs et élus.

Cela fait, les citoyens seront mieux en mesure de s’approprier avec fierté les projets qu’on leur proposera désormais. Qu’ils proviennent de la MRC, de leur municipalité ou d’un promoteur.

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