22 septembre 2015
Autiste et footballeur
Par: Sarah-Eve Charland
Félix-Antoine Fugère relève des défis chaque semaine en faisant partie intégrante de l’équipe de football de l’école secondaire Bernard-Gariépy. | TC Média - Pascal Cournoyer

Félix-Antoine Fugère relève des défis chaque semaine en faisant partie intégrante de l’équipe de football de l’école secondaire Bernard-Gariépy. | TC Média - Pascal Cournoyer

En intégrant l’équipe de football de l’école secondaire Bernard-Gariépy, Félix-Antoine Fugère, qui a un trouble du déficit de l’attention et hyperactivité et un trouble autistique, dépasse chacune de ses limites personnelles toutes les semaines.

Maintenant âgé de 12 ans, il peut enfin dire qu’il s’est fait des amis. Durant son parcours au niveau primaire, il n’a jamais eu d’amis, affirme sa mère, Amélie Généreux. « Au niveau social, il a beaucoup de difficulté à entrer en contact avec les autres. »

Félix-Antoine a intégré l’école secondaire il y a deux semaines. Sa mère a décidé de l’inscrire dans une équipe sportive afin de lui permettre de dépenser son trop-plein d’énergie. Tout un défi pour Félix-Antoine.

« J’aime ça. Je joue en défense. J’aime ça plaquer. C’est difficile de faire partie de l’équipe parce qu’il y a beaucoup de joueurs, mais je me suis fait des amis », dit-il, gêné, après une séance d’entraînement.

Félix-Antoine n’aime pas se sentir à l’endroit. Porter un casque et un legging sous ses bermudas représente un autre défi. « Il dépasse ses limites à plusieurs niveaux », souligne sa mère, fière de voir son fils taquiner d’autres joueurs durant l’entraînement.

Un joueur comme les autres

L’entraîneur René Jr Laferté n’a pas hésité une seule seconde avant de l’accepter comme un membre à part entière.

« Est-ce que c’est dangereux pour lui? Est-ce que c’est dangereux pour les autres? Non. Il veut jouer. Il a tous les critères pour jouer. À notre niveau, il peut jouer. Tous les joueurs ont les mêmes chances sur le terrain », affirme M. Laferté.

Plusieurs entraîneurs s’occupent de l’équipe de football, ce qui permet d’avoir une approche personnalisée avec chacun des joueurs.

« On a tendance à étiqueter les jeunes à l’école. Sur le terrain, ils sont tous pareils. On a beaucoup de coachs. On peut prendre du temps de qualité avec les joueurs. Si Félix-Antoine ne me comprend pas, c’est ma job de coach de trouver une façon pour qu’il comprenne », ajoute-t-il.

L’intégration de Félix-Antoine s’est très bien déroulée. Puisqu’il s’agit de la classe benjamine, l’équipe se compose de joueurs de 6e année et de secondaire 1. Tous les joueurs ne se connaissaient pas au début de l’année.

« Un enfant nouveau est gêné au départ. Félix-Antoine l’était encore plus, mais ça s’est réglé rapidement », a raconté M. Laferté.

Félix-Antoine a d’ailleurs participé à son premier match le 20 septembre.

image