7 mars 2016
Agrandissement du Port de Montréal : des inquiétudes soulevées
Par: Sarah-Eve Charland
L’Administration portuaire de Montréal prendra plusieurs mois pour élaborer son étude d’impact sur l’environnement. | TC Média - Archives

L’Administration portuaire de Montréal prendra plusieurs mois pour élaborer son étude d’impact sur l’environnement. | TC Média - Archives

L’achalandage sur la voie ferrée, la préservation des herbiers et des zones environnementales sont des inquiétudes soulevées par les organismes de la région concernant l’agrandissement du Port de Montréal à Contrecœur.

L’Administration portuaire de Montréal (APM) a annoncé l’agrandissement du terminal de Contrecœur en décembre 2014. Ce projet de 650 M$ permettra de créer 1000 emplois d’ici 2021 et de manutentionner près de 1,15 million de conteneurs.

Des consultations publiques, dirigées par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, ont eu lieu du 15 janvier au 15 février. Cinq organismes de la Montérégie ont émis des commentaires.

« Le public était invité à formuler des commentaires à propos des composantes de l’environnement sur lesquelles le projet d’agrandissement du terminal portuaire de Contrecœur est susceptible d’avoir des effets et sur les éléments à examiner durant l’évaluation environnementale », explique la porte-parole de l’Agence, Jessica Sobolov.

L’Agence tiendra compte de ces commentaires pour soumettre, d’ici le 15 mars, des recommandations à l’Administration portuaire de Montréal (APM) qui devra les considérer dans l’élaboration de son étude d’impact.

Des herbiers menacés?

Le comité Zone d’intervention prioritaire (ZIP) des Seigneuries a soulevé des inquiétudes sur la préservation des herbiers. Le Port de Montréal constituerait, selon l’organisme, un lieu de prédilection de nourriture pour le chevalier cuivré, une espèce en voie de disparition. De plus, le comité ZIP demande à ce que l’organisation se penche sur les impacts de l’achalandage des bateaux sur l’érosion des berges.

« On ne veut pas se prononcer contre ce projet. Il s’agit d’un projet immense qui va engendrer des impacts environnementaux. Il faut se pencher là-dessus », croit la directrice générale du ZIP, Sophie Lemire.

L’APM assure se pencher déjà sur la question. « On a déjà inclus les impacts sur les herbiers dans notre description de projet. On a déjà commencé notre évaluation sur la question », répond la directrice des communications de l’APM, Mélanie Nadeau.

Développement économique

Du côté du Centre régional de l’environnement de la Montérégie, les craintes concernent principalement le développement immobilier. L’agrandissement du Port de Montréal amènera probablement plusieurs entreprises à s’implanter dans la région, croit le chargé de projet, Benoît Péran.

« On ne voudrait pas que ces projets exercent une pression trop forte sur les surfaces environnementales et agricoles. On incite le Port de Montréal à s’y intéresser », affirme-t-il.

Il tient à rappeler que les Villes de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) se sont engagées en 2012 à conserver à protéger 17% du territoire du Grand Montréal en terres naturelles.

Le regroupement citoyen Sécurité ferroviaire Rive-Sud a, quant à lui, soulevé la probable augmentation de l’achalandage du nombre de trains sur la voie ferrée. Son porte-parole, Rémi Tremblay, propose de profiter de l’occasion pour faire une étude sur le déménagement de la voie tel que demandé par l’organisme.

« Il pourrait y avoir entre 20 et 25 convois de plus par jour. La voie ferrée ne suffira plus à la demande du Port de Montréal. Les trains transporteront des conteneurs en plus de ceux transportant des matières dangereuses pour d’autres entreprises de la région », mentionne-t-il.

Concernant ces inquiétudes, la porte-parole du Port de Montréal souligne que tous les points soumis par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale seront traités. « On va se soumettre aux recommandations », conclut Mélanie Nadeau.

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