3 novembre 2017
Zones inondables : une étude confirme les arguments de Sainte-Anne-de-Sorel
Par: Sarah-Eve Charland

Une étude confirme les observations de la municipalité de Sainte-Anne-de-Sorel. Ses conclusions serviront d’arguments afin de convaincre le gouvernement du Québec de ne pas élargir la zone inondable sur la majorité de son territoire.

Le spécialiste hydraulicien, Pierre Dupuis, et le génie de l’eau et de l’environnement, François Giroux, de la firme montréalaise WSP ont réalisé cette étude.

Cette démarche de la municipalité visait à contredire les cotes de crues avancées par le gouvernement. Ces données sont basées sur la variation des niveaux d’eau et sont utilisées pour déterminer les catégories de zone inondable par le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire du Québec (MAMOT).

« Selon les observations des citoyens et les miennes, les cotes de crues du ministère ne fonctionnent pas. Il fallait aller chercher des arguments », affirme le maire sortant de Sainte-Anne-de-Sorel, Michel Péloquin.

L’étude conclut que les cotes des crues seraient environ 50 cm plus basses que celles du ministère. Cela changerait entièrement la carte de zones inondables.

Le MAMOT a mis à jour sa carte des zones inondables en 2013. La zone 0-2 ans a alors vu le jour. Il s’agit d’une nouvelle zone où les restrictions sont resserrées. Selon le ministère, 48% du territoire de la municipalité serait en zone inondable 0-2 ans.

Par exemple, le camping du Chenal-du-Moine souhaite agrandir ses installations, mais ne peut le faire en raison des restrictions qui empêchent d’agrandir ou de construire en zone inondable, mentionne le maire.

Depuis 2013, la municipalité résiste à la nouvelle carte. « C’est plusieurs millions de dollars qui sont en jeu, souligne M. Péloquin. Cette carte empêche tout développement sur le territoire. C’est majeur. Cette étude va dépasser notre municipalité. Ça remet en question toutes les références qu’utilise le ministère pour réaliser les cartes de zones inondables. »

La municipalité a mandaté l’urbaniste-conseil Hélène Gagnon afin d’élaborer un argumentaire à présenter au ministère. Elle prendra en compte cette étude et le mémoire réalisé en 2016 par un groupe de chercheurs de l’Université de Montréal.

Le ministère des Affaires municipales nous a référé au ministère de l’Environnement. Ce dernier n’avait pas répondu à nos questions au moment de mettre sous presse.

Restrictions en zone 0-2 ans

Aucune nouvelle construction ou reconstruction ou agrandissement de bâtiment n’est permise dans cette zone. Il est toutefois permis d’entretenir, de réparer ou de démolir les constructions existantes. Près de la moitié du territoire de Sainte-Anne-de-Sorel est en zone 0-2 ans.

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