30 juin 2017
Zone inondable: Québec tarde à répondre à la demande de Sainte-Anne-de-Sorel
Par: Louise Grégoire-Racicot
La dernière inondation n’a pas chassé les résidents de leur foyer. | Pascal Cournoyer

La dernière inondation n’a pas chassé les résidents de leur foyer. | Pascal Cournoyer

Toujours en réflexion sur les règles à établir pour permettre la reconstruction en zone inondable, Québec n’a pas encore répondu à la demande de Sainte-Anne-de-Sorel de ne pas élargir sa zone inondable de 0-2 ans.

La municipalité a déposé un mémoire qui se veut une preuve que Sainte-Anne et ses îles sont un patrimoine qui s’est adapté au gré du fleuve, insiste son maire, Michel Péloquin. Ne pas imposer de nouvelles règles évitera un problème d’aménagement et assurera la sauvegarde de ce patrimoine.

Il y a 300 ans qu’e les résidents connaissent des crues, rappelle-t-il. « Ils savent comment y faire face. Ils ont construit leurs maisons en conséquence. »

D’où l’insistance du conseil municipal de ne pas faire la mise à jour de la cartographie des cartes inondables 0-2 ans pour la municipalité.

« S’il y avait changement de zonage, les contribuables ne pourraient reconstruire leur propriété. Cette zone couvrirait 48% de la superficie de la municipalité. On trouve 200 maisons. On ne peut accepter cette situation sans rien dire. Elle les pénaliserait trop », poursuit-il.

Des arguments

Les inondations durent moins longtemps et sont moins hautes qu’avant, décrit le maire.

« Le passage des brise-glaces, la régulation du niveau de l’eau du fleuve depuis les Grands-Lacs ont amélioré la situation », rappelle-t-il.

Depuis toujours, les riverains de Sainte-Anne ont construit leurs maisons en conséquence, sur pilotis, au-dessus des cotes de crue. « Ces bâtis ont donné de l’attrait à ce secteur. C’est un héritage socioculturel peu courant fondé sur l’histoire du coin de pays », commente-t-il.

La population a ainsi développé une culture du risque d’inondation largement partagée et qui contribue à diminuer la vulnérabilité des gens, estime leur maire.

« Ils se préparent mieux, adoptent des comportements responsables en cas de crue et ont utilisé des techniques de construction éprouvées. Ce qui fait la richesse de ce coin de pays qu’on ne pourrait atténuer sans perdre beaucoup d’attraits », croit M. Péloquin.

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