27 avril 2021
L’église de Massueville officiellement vendue
Vers une nouvelle salle multifonctionnelle?
Par: Alexandre Brouillard

L’église de Massueville a été vendue pour une somme de 25 000 $ à Maxime Robitaille, gestionnaire d’immeuble de Saint-Constant. Photothèque | Les 2 Rives ©

L’église de Massueville a été officiellement vendue au gestionnaire d’immeuble, Maxime Robitaille, pour un montant de 25 000 $. Ce dernier désire discuter avec le maire de la municipalité, Denis Marion, pour déterminer les besoins des résidents. Une reconversion en salle multifonctionnelle serait d’ailleurs dans les plans.

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« Aucun projet pour l’église n’est coulé dans le béton pour le moment. J’ai eu une discussion la semaine dernière avec Denis Marion et j’ai l’intention de regarder les besoins de la communauté. Je ne suis pas du coin, je ne peux donc pas apporter un projet aussi rapidement. Je veux alors prendre le pouls des gens de Massueville », lance d’emblée le nouveau propriétaire Maxime Robitaille, président d’une compagnie de Saint-Constant qui exploite des bâtiments résidentiels et des logements.

Rappelons que la Fabrique de la paroisse de Saint-Aimé avait été dans l’obligation de mettre en vente le bâtiment religieux pour une somme de 10 000 $ parce qu’elle n’avait plus les ressources financières afin d’assurer la pérennité de l’église massuevilloise. Sans oublier que les municipalités de Massueville et de Saint-Aimé avaient refusé d’acquérir le bâtiment.

Une dizaine d’acheteurs sérieux avaient démontré de l’intérêt pour l’église, qui s’est vendue 15 000 $ au-dessus du prix demandé sans garantie légale. « Il y a eu de la surenchère parce que plusieurs personnes étaient intéressées. Maintenant que j’ai acquis l’église, nous devons trouver la fonction du bâtiment et procéder aux travaux. Une chose est certaine, je n’irai pas à contre-courant des volontés des gens de la place », assure M. Robitaille.

Conserver l’essence du bâtiment

En décembre dernier, Claude Lamoureux, vicaire-général de l’Évêché de Saint-Hyacinthe, avait expliqué que l’église ne pouvait pas être soumise à n’importe quel projet. « Ce n’est pas tant le prix qui pourrait être accordé pour devenir propriétaire de cet immeuble que le projet qui y serait associé qui sera pris en considération », avait-il confié.

Tout en spécifiant que le bâtiment religieux sera conservé dans son entièreté, le nouveau propriétaire affirme que de nombreux travaux seront à faire. « Je devrai investir des sommes dans l’aménagement ainsi que dans le maintien de la structure tout en conservant l’essence de la bâtisse », affirme-t-il.

Cette volonté de M. Robitaille respecte la décision du conseil municipal de Massueville qui avait adopté un règlement visant à créer le site patrimonial Legs Aimé-Massue. « De cette façon, la devanture et le premier tiers de l’église sont protégés. Tout changement souhaité par le nouveau propriétaire devra, entre autres, être approuvé par le conseil municipal », explique le maire Denis Marion.

Le nouveau propriétaire de l’église assure que son intention est de respecter l’intégralité du bâtiment. « J’ai déjà rénové quelques églises, je possède donc de l’expérience dans le domaine. Toutefois, ce sera la première fois que je rénoverai ma propre église, mais je peux vous assurer que je respecterai les conditions de la vente », admet-il.

En acquérant l’église, Maxime Robitaille a du même coup mis la main sur plusieurs objets religieux, qui étaient aussi compris dans la vente. Le journal a pu consulter en ligne l’acte notarié de la vente qui comprend un droit de préemption dans l’éventualité où l’acquéreur désire vouloir disposer de certaines inclusions, telles que les cloches, l’orgue, les confessionnaux et l’autel. Au regard de la loi, s’il veut s’en départir, M. Robitaille devra donc offrir ces biens au vendeur en lui fournissant un avis écrit.

Finalement, la désacralisation de l’église, qui a été construite en 1836, a eu lieu le dimanche 25 avril. Le président de la Fabrique de Saint-Aimé, Jean Péloquin, affirme que « l’organisme sera vraisemblablement dissous. […] Nous invitons dorénavant les gens de Saint-Aimé et de Massueville à se rendre à Saint-Robert pour les services religieux ».

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