26 février 2019
Grâce à une subvention du gouvernement fédéral
Une trentaine de personnes sont passées de la rue à un appartement en 2018
Par: Katy Desrosiers
L'équipe d'intervenants et la directrice de la Porte du Passant aident des personnes en situation d'itinérance au quotidien. 
Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

L'équipe d'intervenants et la directrice de la Porte du Passant aident des personnes en situation d'itinérance au quotidien. Photo Katy Desrosiers | Les 2 Rives ©

L’approche de stabilité résidentielle avec accompagnement (SRA) permet à des personnes en situation d’itinérance d’avoir accès à un logement à 350 $ par mois, meublé, chauffé et éclairé, et d’être suivies par un intervenant. Au cours de la dernière année, une trentaine de personnes ont bénéficié de l’approche dans la région afin de se sortir de la rue.

Depuis le début du programme en 2016, 71 demandes ont été traitées, 36 placements ont été effectués et 22 sont encore en logement. Certains ont quitté le programme pour des difficultés et d’autres puisqu’ils avaient les moyens de se trouver un appartement régulier.

Pour être admissible, il y a certains critères comme avoir fait quelques jours en itinérance, sortir d’un établissement de détention ou d’un séjour à l’hôpital. Une fois que l’admissibilité est vérifiée, une première rencontre est établie et un plan d’intervention est mis en place. Certains, avant d’être acceptés officiellement dans le programme, doivent suivre une thérapie, alors que d’autres doivent se procurer leur carte d’assurance maladie. Les intervenants vont accompagner la personne dans son cheminement, que ce soit un retour à l’école, une recherche d’emploi ou un arrangement pour des contraventions non payées.

Le programme SRA est coordonné par la Corporation de développement communautaire de Pierre-De Saurel, en collaboration avec La Traversée Centre de crise et de prévention du suicide, la Porte du Passant et la Maison des jeunes La Place.

« On a reçu quelqu’un qui était en situation d’itinérance depuis 20 ans quand elle a décidé qu’elle voulait un milieu chaud. Comme elle avait un gros dossier judiciaire, on l’a aidé à trouver toutes ses contraventions pour qu’il puisse faire des travaux compensatoires. C’est beaucoup de démarches et d’appels, mais finalement, il n’y avait plus de mandat contre lui et il a pu être admis au programme », mentionne Alexandrine Boisvert, intervenante à la Porte du Passant.

Pour plusieurs, le passage par le programme permet de repartir sur de nouvelles bases. Véronique Champoux, intervenante pour la Maison des jeunes La Place, mentionne avoir rencontré un jeune de 22 ans, qui a fait le programme après être sorti de prison. Il était dans la rue depuis des mois et sa famille ne voulait pas l’aider puisqu’il ne s’aidait pas lui-même. Huit mois plus tard, il avait réussi à payer ses contraventions, à aller chercher son permis de conduire et à se trouver un emploi. « Aujourd’hui, il habite à Trois-Rivières, travaille 40 heures par semaine et regarde pour s’acheter une maison avec sa conjointe! », s’exclame l’intervenante.

Les propriétaires qui rendent des logements accessibles sont les Habitations Richard Hébert et le couple formé de Michel Lizotte et Chantal St-Georges.

Portrait de l’itinérance à Sorel-Tracy

L’intervenante de la Maison des jeunes côtoie une dizaine de personnes qui sont réellement à la rue. Elle compte une cinquantaine de personnes en situation d’itinérance, qui passent d’un logement à l’autre et qu’elle aperçoit de façon régulière. Elle affirme qu’à Sorel-Tracy, il y a beaucoup de jeunes entre 18 et 25 ans sortant des Centres jeunesse qui sont sans logis. « Dans la dernière année, on en a eu une trentaine sur le territoire, mais ce n’est seulement que la pointe de l’iceberg », affirme Véronique Champoux.

À la Traversée, entre le 1er avril 2017 et le 31 mars 2018, 25 des 94 demandes d’hébergement acceptées provenaient de gens désirant éviter l’itinérance, ce qui correspond environ au quart des demandes.

À la Porte du Passant, on découvre qui est en situation d’itinérance par la discussion. Plusieurs posent aussi des questions après avoir été référés.

Véronique Champoux, elle, se promène dans les ressources communautaires, les restaurants, les bars et les milieux plus défavorisés. Elle essaie de cibler les gens et de créer des liens tranquillement.

À quand un refuge?

Tous les organismes s’entendent sur la nécessité d’un refuge dans la région. Marie-Josée Averill, directrice générale de la Porte du Passant, explique que son organisme travaille actuellement afin de se faire reconnaître comme centre de jour auprès du gouvernement. Dans le futur, elle souhaiterait pouvoir ouvrir ses portes 24 heures sur 24 et avoir des lits pour accueillir les gens en situation d’itinérance.

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