5 avril 2016
Une tourmente éclate au conseil de Ville de Sorel-Tracy
Par: Julie Lambert
La tension était palpable au conseil de ville après des questions d’un citoyen sur l’organisation de la fête au centre-ville. | Photo: TC Média - Julie Lambert

La tension était palpable au conseil de ville après des questions d’un citoyen sur l’organisation de la fête au centre-ville. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Près de six semaines après l’annonce du Festival de la gibelotte de prendre une pause en 2016, le dossier continue de soulever les tensions même au cœur du conseil municipal de Sorel-Tracy. Alors que la majorité du conseil approuve la décision de la municipalité de coordonner la fête au centre-ville cet été, d’autres comme Patrick Péloquin ont dénoncé la situation.

La discussion s’est envenimée à la suite de l’intervention d’un citoyen, Claude Himbeault, lors de la période de questions de la dernière assemblée publique du 4 avril.

Le conseiller du quartier des Patriotes, Patrick Péloquin, y est allé d’une sortie publique concernant la gestion du dossier par la municipalité. Selon lui, quand le conseil d’administration du Festival a demandé une aide financière supplémentaire de 20 000$ à la Ville en janvier dernier, le conseil aurait dû l’autoriser puisque les ressources utilisées par la Ville pour mettre en place le nouvel événement seront bien plus dispendieuses, croit-il.

Le conseil d’administration du Festival manquait de liquidités à ce moment pour mettre en place l’édition 2016.

« Le c.a. a fourni un budget et des prévisions pour revenir à la rentabilité. Je pensais de mon côté que nous pouvions les aider à repartir, mais les discussions ont été reportées et le c.a. a décidé d’annoncer sa pause. Je m’en suis voulu de ne pas avoir déposé un projet dans ce sens alors que je savais que cela menaçait la tenue de l’événement qui a des retombées importantes pour la municipalité », a mentionné Patrick Péloquin, en séance du conseil.

Un rôle de collaborateur

Selon le conseiller, plusieurs manquements sont survenus au niveau des communications, de la gouvernance et de la solidarité. Il a notamment fait référence à la prise en charge de l’événement en remplacement du Festival par la Chambre de commerce et l’instigateur du mouvement Le Tour du Carré, Yves Allard.

La lenteur des discussions au conseil jumelée aux craintes exprimées à ses confrères sans résultat depuis le début de toute cette saga ont donc poussé le conseiller Péloquin à prendre la parole pour partager son opinion sur les récents évènements qui ont mené, selon lui, la municipalité à gérer une crise.

« Le maire Serge Péloquin a dit qu’on n’arrêterait pas de fêter, mais après cela, nous n’avons eu plus de son ni d’image. La décision de la Ville de prendre en charge l’événement au lieu de collaborer m’a déplu, surtout que nous n’avons pas été invités à la rencontre avec les commerçants, sauf le conseiller Jocelyn Mondou. La situation était intenable. Je ne pouvais plus me taire puisque cette décision allait contre mes valeurs et qu’en ne disant rien, je me faisais complice. Cette crise assez grande nous donne une grande leçon », a-t-il confié en entrevue.

Le maire réagit

Le maire Serge Péloquin a soutenu encore une fois la nécessité pour la municipalité de coordonner l’événement et a affirmé que cette décision avait été prise dans le but de soutenir l’organisation de cette fête.

Aucune résolution n’a encore été votée sur l’organisation de l’événement qui est prévu en juillet prochain, mais cela se fera dans les prochaines semaines, a-t-il affirmé.

Selon le maire, la majorité du conseil veut régler la situation de la dette du Festival.

« On est dans un processus de changement. Il est normal que cela dérange les colonnes du temple et que cela crée quelques crises. Dans la situation actuelle, mon rôle de maire est de rassembler et de rétablir les liens. Le maire doit rassembler et écouter tout le monde pour créer des ponts. La porte est toujours ouverte pour ceux qui se sont retirés de la fête du centre-ville. »

Le commentaire du conseiller Péloquin n’a pas plu au conseil, croit-il. Le maire souligne que l’ancien membre du Parti d’Aujourd’hui avait, semble-t-il, repris son rôle d’opposition officielle.

« M. Péloquin a voulu se donné le beau rôle devant le public. Certains de ses anciens collègues du parti étaient présents dans la salle. Je crois qu’il a récolté le désaveu de l’ensemble de ses collègues à la table du conseil. Ce n’est pas comme ça que l’on veut travailler et le conseil n’est pas content de sa façon de faire. En réunion du comité, il s’était montré en accord avec nos décisions », conclut le maire.

Ce qu’ils ont dit…
« Ce soir, on fait une soirée de travail en public. Je ne sais pas s’ils y en a qui veulent se donner en spectacle. Moi je suis un administrateur d’une ville, je ne fais pas du show-business. Ce soir on a fait du show-business et moi, cela ne m’intéresse pas. Si j’étais maire, M. le maire, la semaine prochaine, on travaillerait à mettre nos énergies ailleurs qu’à faire un spectacle à la télévision. » – le conseiller Alain Maher
« Je pense qu’on devrait être capable de s’asseoir et puis de se parler dans le blanc des yeux en arrière et se mettre d’accord sur une solution. Je pense que pour ce soir, on a fait un conseil de ville qui semble disloqué et en train de se couper les bras. »- le conseiller André Potvin
« À la rencontre du 21 mars, nous avions 15 marchands. Le 29 mars, nous en avions 45. C’est positif. La fête au centre-ville, oui elle va avoir lieu et je suis prêt à m’impliquer avec les personnes qui veulent s’impliquer. Je suis sûr que cela va être une très belle fête. »- le conseiller Jocelyn Mondou
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