13 février 2020
Une reconversion industrielle encore inachevée
Par: Sébastien Lacroix
Marc-André Houle a complété une thèse sur la reconversion économique de Sorel-Tracy et de Drummondville.
Photo gracieuseté

Marc-André Houle a complété une thèse sur la reconversion économique de Sorel-Tracy et de Drummondville. Photo gracieuseté

Sorel-Tracy a-t-elle réussi sa reconversion industrielle? Pas encore. C’est le constat qu’a fait Marc-André Houle dans le cadre d’une thèse de 510 pages qui a porté un regard sur le développement de la ville depuis sa fondation, les activités qui ont favorisé son essor et les interventions qui ont été posées au cours des dernières années.

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Passionné par le développement économique du Québec, l’étudiant au doctorat en science politique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) a comparé la démarche de reconversion entreprise par Sorel-Tracy et Drummondville, deux villes de taille moyenne qui vivaient principalement d’une seule industrie à une certaine époque.

S’il admet qu’il y a eu du travail qui a été fait depuis 2017, date à laquelle il a posé ses conclusions, il a tendance à croire qu’il en reste à faire à Sorel-Tracy où la démarche a été plus ardue. Notamment parce qu’au lieu de réaliser une diversification, comme Drummondville, Sorel-Tracy a préféré miser sur une spécialisation en écologie industrielle.

« La reconversion est encore en cours. Pour toutes sortes de raisons, le rythme a un peu diminué depuis son âge d’or que je situe pendant les années 2000, a-t-il analysé. Pendant cette période-là, il y a avait une bonne synergie, une bonne concertation entre les acteurs. Les gens travaillaient main dans la main. Ils avaient une vision commune. »

Le départ de certains intervenants dans les organismes de développement économique, mais également des mouvements sur le plan politique ont eu un impact, a-t-il observé. « Le maire Marcel Robert avait porté la reconversion industrielle, il avait embrassé le projet d’Agenda 21 qui était très novateur, souligne Marc-André Houle. Quand il a perdu les élections, Réjean Dauplaise avait une autre vision et avait ses projets à lui. Ensuite, Serge Péloquin avait sa vision des choses. Disons que l’écologie industrielle, ce n’était pas son projet ou ce qu’il souhaitait porter. »

Il y a aussi des chicanes de clochers qui ont nui à la démarche, note-t-il. « La fusion de Sorel et de Tracy a laissé des traces. […] Il y a aussi eu des « tensions » entre la ville et la région. Ce qui a créé des obstacles », fait valoir Marc-André Houle.

La présence des grandes industries a aussi eu des effets néfastes sur la reconversion. Les travailleurs étaient habitués à de bons salaires, avec des paies qui étaient parmi les meilleures au Québec dans les années 1960 et 1970, sauf que l’esprit entrepreneurial ne s’est pas développé autant qu’à Drummondville.

« Ça crée un sentiment de dépendance envers la grande entreprise, souligne-t-il. Ç’a eu pour effet de créer une réticence par rapport aux PME par laquelle la reconversion devait passer. Parce que les gens [de Sorel-Tracy] avaient des attentes par rapport aux entreprises qui allaient venir s’installer. »

Une image à refaire

Quand les problèmes économiques sont survenus au tournant des années 1970 et 1980, il y a eu une dévitalisation qui a fini par affecter l’image de la région en raison des problèmes sociaux, du chômage, d’un syndicalisme dur et la présence d’un bunker des Hells Angels. « Les gens connaissent souvent Sorel-Tracy pour les mauvaises raisons », croit Marc-André Houle.

À sons sens, l’image de Sorel-Tracy devrait pourtant être bonne aves les efforts de reconversion qui ont été faits. « Ce qui me surprend, c’est que les gens ne le savent pas, soulève Marc-André Houle. Par exemple, quand on arrive à Victoriaville, il y a une pancarte qui indique que c’est le berceau du développement durable. Je ne comprends pas pourquoi quand on arrive à Sorel, ce n’est pas écrit : « technopole en écologie industrielle ». »

Pour consulter la thèse, cliquez ici.

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