14 janvier 2016
Une poursuite qui se transforme en création de 40 emplois
Par: Louise Grégoire-Racicot
Serge Péloquin arborant fièrement le dessin qu’il avait fait en janvier 2014, illustrant la solution qu'il entrevoyait pour régler ce conflit. | TC Média - Louise Grégoire-Racicot

Serge Péloquin arborant fièrement le dessin qu’il avait fait en janvier 2014, illustrant la solution qu'il entrevoyait pour régler ce conflit. | TC Média - Louise Grégoire-Racicot

Satisfaction évidente du préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Gilles Salvas, et du maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, le 13 janvier dernier, à l’annonce d’un règlement hors cour du litige les opposant à SDD-Conporec qui leur réclamait 22 M$ pour ce qu’elle nommait une « expropriation déguisée ».

Mieux encore, le dossier se couronne par la création d’un écocentre régional dont la MRC a confié la gestion, pour cinq ans, au Recyclo-Centre et l’implantation par ce dernier d’un centre de traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) qui créera 40 emplois.

Car cette entente a impliqué la vente à Recyclo-Centre des installations de SDD-Conporec, y compris les équipements du 3125 Joseph-Simard .

Elle y installera l’usine de DEEE, a expliqué Marie-Andrée Sirois-Lachapelle, sa directrice générale.

Ce projet d’usine sur lequel planche l’organisme depuis huit ans et dans lequel elle a déjà investi 750 000$, coûtera quelque 9 M$. Il vient de compléter un emprunt de 6,1 M$ auprès de la Caisse Desjardins Pierre-De Saurel, emprunt garanti en partie par la MRC à la hauteur de 4 M$, argent déjà réservé depuis quelques années en prévision de l’implantation d’un écocentre régional.

Une garantie que le ministre des Affaires municipales a mis plus de 18 mois à sanctionner et qui s’accompagne d’un contrat de gré à gré pour la gestion de l’écocentre qui y sera aussi implanté, a révélé M. Salvas. La MRC versera 325 000$ sur cinq ans pour cette gestion.

Les citoyens ne payeront que les frais d’avocats

Alors que le préfet Gilles Salvas s’empressait de dire que cette situation de conflit avec SDD-Conporec s’est transformée en un projet structurant créateur d’emplois, il déclarait que ce litige s’est conclu à coûts presque nuls pour les citoyens. Essentiellement des frais d’avocats qui se sont élevés à 162 000$ pour la Ville de Sorel-Tracy et 249 000$ pour la MRC. L’assurance de cette dernière lui a déjà remboursé 42 000$. Soit quelque 7$ per capita, pouvons-nous estimer.

Quant à SDD-Conporec, elle a défrayé 110 000$ pour ses frais d’avocats au cours de la dernière année seulement , a dit son président Charles Lambert.

Les élus applaudissent l’entente

L’annonce de cette entente n’a pas manqué de réjouir les élus qui ont travaillé au dossier depuis le dépôt de la poursuite en 2011 et sa solution en janvier 2014.

Le préfet de la MRC Pierre-De Saurel, Gilles Salvas, n’a pas manqué non plus de souligner l’apport important du maire Serge Péloquin et de l’ex-préfet Claude Pothier dans cette solution.

M. Péloquin a pour sa part montré une feuille sur laquelle il avait imagé un règlement possible de ce conflit, squelette dans le placard dont il connaissait l’existence avant même son élection, a-t-il dit, et pour lequel il s’était donné comme mission de le régler à court terme.

« Ce dessin date de janvier 2014, deux mois après mon élection et illustre bien le projet que j’avais en tête pour solutionner ce conflit. Mais je me suis heurté aux élus de ma Ville et de la MRC qui étaient fermés comme des huîtres à négocier une solution. Mais à force de nouveaux arguments, ils ont vu les choses autrement et nous ont finalement appuyés dans cette démarche. »

De fait, une entente de principe a été conclue en août 2014. « Les échanges positifs et constructifs avec le ministère des Affaires municipales ont été plus longs que prévu et ce n’est qu’en octobre 2015 qu’il a donné son accord au projet. »

Le député Sylvain Rochon a précisé qu’il a eu de nomnbreuses rencontres avec le ministère à cet égard dont certaines plus houleuses. L’argument qui a finalement convaincu le ministre d’aller de l’avant est certes la perspective que des jeunes qui ont des difficultés à trouver des emplois y décrocheront un emploi à plein temps.

Certains de ceux-là ont déjà travaillé en insertion sociale au Recyclo-Centre.

« Nous savons qu’ils pourront faire le travail de la bonne façon », souligne la directrice du Recyclo-Centre, Marie-Andrée Sirois-Larochelle.

« L’intérêt public a été au centre des préoccupations de toutes les parties. Et ce dossier se termine bien » a conclu M. Péloquin, visiblement fier de sa contribution au dossier.

Quant à M. Lambert de SDD-Conporec, il n’a pas hésité a dire qu’il avait appris beaucoup de ce dossier. Mais qu’il ne comprendra jamais le fonctionnement des élus municipaux et provinciaux: « Heureusement, grâce à l’élection de Monsieur Péloquin en 2013, on a commencé à voir la lumière au bout du tunnel. Maintenant on peut dire que ce n’était pas la lumière qu’on voyait à ce moment, mais bel et bien le soleil. »

Il a aussi dit que cette entente mettait fin à la présence de SDD-Conporec dans la région, dès qu’elle aura liquidé les autres actifs qu’elle y détient.

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