11 août 2020
Une pétition circule pour sauver un bâtiment du centre-ville de la démolition
Par: Sébastien Lacroix
La vitrine de la librairie a été victime de vandalisme au début du mois de juillet.
Photo Sébastien Lacroix | Les 2 Rives ©

La vitrine de la librairie a été victime de vandalisme au début du mois de juillet. Photo Sébastien Lacroix | Les 2 Rives ©

Une pétition adressée à la Ville de Sorel-Tracy a été lancée la semaine dernière sur le site change.org pour la préservation du bâtiment du 60, avenue de l’Hôtel-Dieu, qui abrite la Librairie Mario Bastiani. Un édifice sur lequel pèse une menace de démolition en raison de son état de décrépitude.

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Les instigateurs de la pétition, qui a cumulé jusqu’à maintenant près de 700 signatures, font valoir que plusieurs éléments sont à préserver, dont sa galerie en corbeille ainsi que la structure de ses fondations qui a été solidifiée sur troncs d’arbres ceinturés de fer.

Dans cette maison à la française,  devenue commerciale, le libraire Mario Bastiani conserve des livres anciens depuis 34 ans. Un « endroit culturel sans pareil au Québec » qui a protégé plusieurs collections du patrimoine culturel du Québec, fait valoir la pétition.

Malgré l’adoption d’un règlement encadrant les démolitions d’immeubles par la Ville de Sorel-Tracy, celui-ci ne pourra pas être protégé. Puisqu’il n’a aucune valeur patrimoniale. C’est ce qu’a confirmé le président du comité du patrimoine, le conseiller Patrick Péloquin.

« Le rapport d’investigation effectué par la firme Patri-Arch, en 2015, ne fait aucune mention de cette maison-là, fait-il valoir. Elle a tellement subi de modifications qu’elle a perdu toute sa valeur patrimoniale. On a juste à regarder sa devanture. »

L’inventaire du patrimoine bâti avait en effet écarté le bâtiment du 60, avenue de l’Hôtel-Dieu. Si le bâtiment en avait fait partie, le conseiller explique que la Ville serait intervenue.

« Je n’ai aucune documentation sur laquelle m’appuyer, ajoute-t-il. Il peut y avoir des éléments, mais c’est trop minime pour dire qu’il a une valeur patrimoniale. On ne peut pas non plus dire  « Oh wow, quel beau bâtiment. » »

Le conseiller Patrick Péloquin admet que la Librairie Mario Bastiani peut avoir un intérêt patrimonial en ce qui concerne sa contribution à la préservation de la culture. Cependant, cela ne peut pas protéger l’immeuble en vertu de ce règlement puisque celui-ci concerne uniquement le patrimoine bâti.« Nous n’avons rien contre le commerce, mais il peut s’installer dans un autre local, explique-t-il. Ce n’est pas la librairie que nous visons. C’est la structure autour. »

Dans un état de « quasi-abandon »

Il n’y a toujours pas de date qui a été déterminée pour entendre l’ordonnance de démolition adressée par la Ville de Sorel-Tracy, qui a entrepris des recours judiciaires il y a quelques semaines.

« Si on en est venu là, c’est que le propriétaire n’avait manifesté aucun intérêt à rénover son bâtiment qui est quasi à l’état d’abandon. Nos inspecteurs municipaux à la Ville prétendent que c’est un bâtiment qui est depuis  longtemps est laissé à lui-même. On considère que c’est un bâtiment qui est à risque », fait valoir le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

« C’est le juge qui va décider si oui ou non, il ordonne au propriétaire les réparations ou s’il va de l’avant avec la démolition, continue-t-il. S’il ordonne une rénovation, il va falloir qu’il aille de l’avant avec les engagements qu’il va prendre à la Cour. C’est déjà arrivé pour d’autres bâtiments que nous avons émis une ordonnance et en arrivant devant la Cour, les propriétaires ont décidé de faire des travaux et de remettre leur bâtiment dans un état fonctionnel », souligne Serge Péloquin.

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