19 février 2018
Une partie de l’Île Deschaillons est maintenant en territoire protégé
Par: Sarah-Eve Charland

Les 20 hectares comprennent notamment un chenal riche en herbiers aquatiques. (Photo : Gracieuseté/Conservation de la nature Canada)

L’organisme Conservation de la nature Canada a acquis une parcelle de terrain de l’Île Deschaillons, sur la rivière Richelieu à la hauteur de Saint-Roch-de-Richelieu. Cette entente permettra de protéger 20 hectares.

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L’ancien propriétaire, Normand Jacques, a vendu son terrain à l’organisme dans un souci de préservation de l’environnement. C’est ce dernier qui a tout d’abord approché Conservation de la nature Canada il y a deux ans.

M. Jacques avait acheté ce terrain en 2003. Il possédait, à l’époque, le Camping Domaine des Érables à Saint-Roch-de-Richelieu. Il avait des visées de développement. Toutefois, il a mis de côté ce projet et a choisi de préserver le terrain tel qu’il était.

« Il était devenu clair que cette partie de l’île devait demeurer intacte, explique Normand Jacques. […] Grâce à l’acquisition de Conservation de la nature Canada, la table est mise pour mettre en valeur ce joyau. Cependant, cela ne pourrait se faire sans la participation de tous les intervenants locaux et les instances gouvernementaux. »

Il a profité de sa tribune pour inviter les agriculteurs, aussi propriétaires sur l’île, à manifester leur intérêt auprès de Conservation de la nature Canada afin de trouver des solutions viables à la préservation du territoire.

Saint-Roch-de-Richelieu possède une parcelle au nord de ce terrain. « Ça fait du bien de recevoir un projet comme celui-ci qui vise la préservation de la nature, affirme le maire de la municipalité, Michel Beck. On reçoit souvent des projets qui vont à l’encontre de ça. On se bat toujours contre le déboisement. […] La nature, c’est ce qu’il y a de plus important. Le déboisement entre Montréal et Sorel-Tracy, c’est épouvantable. Si on continue sur cette voie, c’est à notre perte. »

Une nature précieuse

Le directeur de programme de la région sud du Québec chez Conservation de la nature Canada, Julien Poisson, s’est réjoui de découvrir la richesse de l’île. Il s’agit de l’un des derniers territoires encore boisés en milieu insulaire sur la rivière Richelieu au nord du bassin de Chambly. La portion acquise, à perpétuité, représente environ le tiers de l’île. Le reste de l’île est agricole.

« Une partie est développable. Si M. Jacques voulait vendre sa parcelle, un agriculteur aurait étendre ses terres. On aurait pu connaître un déforestation. Aussi, un entrepreneur privé aurait pu y construire un camping. Le zonage est favorable », explique M. Poisson.

On y retrouve le fouille-roche gris, un poisson considéré comme vulnérable selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec (LEMV). Sa survie est préoccupante, selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Le mené d’herbe et le chevalier de rivière sont aussi présents sur le territoire. Ces poissons sont ciblés par la Loi sur les espèces en péril au Canada et jugés vulnérables par la LEMV.

Conservation de la nature Canada compte effectuer quelques travaux sur un horizon de cinq ans avant d’envisager de construire un pont ou d’aménager des sentiers pédestres.

« Il y aurait une stabilisation d’une rive à faire puisqu’il y a une circulation nautique importante dans ce secteur. On peut adoucir la pente. On parle aussi de restaurer le chenal. Un pont construit par les agriculteurs bloque le débit de l’eau. Le chenal est en train de mourir. On peut travailler avec les agriculteurs pour agrandir le ponceau », mentionne M. Poisson.

Le ministère de l’Environnement et Changement climatique du Canada a octroyé une somme de 333 000$, dans le cadre du Programme de conservation des zones naturelles, à l’organisme pour cette acquisition.

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