10 novembre 2020
Mise à niveau des baux au centre Sacré-Cœur
Une hausse de loyer qui passe de travers
Par: Katy Desrosiers

La majorité des locaux du Centre Sacré-Cœur sont occupés par des artistes et des organismes. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Dans les dernières semaines, la Ville de Sorel-Tracy a annoncé à ses locataires du Centre Sacré-Cœur, majoritairement des artistes et des organismes, que leurs baux seraient mis à niveau pour uniformiser les paiements selon les superficies occupées. Certains considèrent que cette mesure survient à un très mauvais moment et demandent à la Ville de geler les hausses.

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En mars dernier, des discussions ont eu lieu entre la Ville et les locataires de l’endroit pour parler de cette mise à niveau des baux. Toutefois, la pandémie est arrivée et le tout a été relégué aux oubliettes. Le 22 octobre, une lettre leur a été remise pour leur indiquer les hausses applicables dès janvier 2021 et les informations pour les hausses subséquentes jusqu’en 2024.

Avec les derniers mois qui ont été difficiles financièrement, certains locataires considèrent que la Ville devrait faire preuve d’un peu de compassion avec les locataires, qui n’avaient pas prévu une telle augmentation dans leur budget.

La photographe Nathalie Bergeron loue un local au Centre Sacré-Cœur depuis plus d’une dizaine d’années. Elle adore l’espace qu’elle occupe et se dit fière d’y être. Elle souligne que le prix du loyer comprend le chauffage, l’éclairage et un gardien sur place et que l’entretien général du bâtiment est bien fait lorsqu’il y a des bris. Cependant, elle note des points négatifs comme la désuétude de certaines aires et l’accès au bâtiment qui est interdit les fins de semaine chaque été, de juin à septembre.

L’entrepreneure comprend que la Ville souhaite mettre les baux à niveau pour l’accessibilité à tous, mais ne comprend pas ce qui presse.

« Pour l’instant, ce n’est pas des augmentations de loyer qu’on a besoin. On a besoin de l’appui des villes. Les locataires du centre Sacré-Cœur, on ne fait pas 100 000 $ par année. On est dans ces endroits-là pour nous permettre de réaliser nos missions, de créer », explique l’artiste.

Malgré un dédommagement, leurs locaux ont été inaccessibles pendant 14 semaines lors de la première vague. Une crainte demeure à savoir s’ils fermeront à nouveau si la situation entourant la COVID-19 se dégrade.

« C’est un mauvais timing. C’est la même chose pour les organismes. On n’a pas le temps de gérer les augmentations de loyer, on essaie juste de survivre. La plus belle chose que la Ville pourrait faire pour l’instant, c’est de dire « on fait un statu quo«  », mentionne-t-elle.

La photographe déplore que la Ville souhaite imposer les hausses à ce moment-ci, alors que le monde culturel en arrache et que les organismes sont en gestion de crise pour pouvoir aider les gens à traverser le mieux possible cette seconde vague.

« On comprend la mise à niveau, mais faites-la de façon humaine, adéquate et avec un bon jugement, ajoute-t-elle. Ce n’est pas le temps. Aidez-nous. En tant que ville, c’est ces petites affaires-là qui font toute la différence. Ça va seulement favoriser des liens plus agréables. »

Le conseil pourrait se pencher sur la demande

La photographe a adressé une demande à la Ville afin que le conseil se penche sur l’option d’un gel des tarifs jusqu’en 2022. Sa demande a été reçue par la Ville et celle-ci sera présentée au conseil en comité de travail le lundi 9 novembre. Par la suite, le conseil devra analyser la demande.

Le directeur des communications à la Ville, Dominic Brassard, affirme que le conseil se rencontre de façon fréquente. « Je n’ai aucune idée quand ils vont en discuter, ni si ça fera partie des discussions, mais si jamais il allait en ce sens, il faudrait qu’il le fasse avant le 7 décembre. Parce que ce sera la dernière séance avant la fin de l’année, indique le directeur des communications. Pour le moment, la consigne que nous avons, c’est d’aller de l’avant [avec les hausses de loyer]. »

Avec la collaboration de Sébastien Lacroix

 

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