29 septembre 2020
Une hausse de 20 % des signalements à la DPJ dans Pierre-De Saurel
Par: Sébastien Lacroix
La directrice de la DPJ en Montérégie, Josée Morneau.
Photothèque | Les 2 Rives ©

La directrice de la DPJ en Montérégie, Josée Morneau. Photothèque | Les 2 Rives ©

Le nombre de signalements traités par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) dans le Réseau local de santé (RLS) de Pierre-de Saurel a augmenté d’un peu plus de 20 % en 2019-2020.

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Le RLS de Pierre-De Saurel a en effet enregistré 871 dénonciations, contre 689 en 2018-2019. Du nombre, 569 n’ont toutefois pas été retenus. Ce qui fait en sorte qu’il y a eu sensiblement le même nombre de cas retenus que l’année précédente.

C’est ce qui suit la tendance de la Montérégie, qui a enregistré une hausse de 20 % des signalements. Ce qui est plus élevé que la moyenne provinciale qui s’est établie à 12 %. Le nombre de cas retenus est toutefois de 33,4 %, contre 36,8 % au Québec.

Les principaux signalements qui sont retenus en Montérégie concernent la négligence (29,8 %), les abus physiques (21,2 %) et les mauvais traitements psychologiques (18,7 %).

Josée Morneau, la directrice de la DPJ en Montérégie, estime que l’année 2019-2020 a été marquée par deux points tournants. Le premier est l’affaire de la fillette de Granby. « Il y a eu plusieurs drames familiaux. Chaque fois, la médiation a fait en sorte d’augmenter la sensibilité des gens », note celle qui invite l’entourage à faire preuve de plus de vigilance.

Une grande collaboration durant la pandémie

L’autre point tournant de l’année a été bien entendu la pandémie qui a éclaté à la toute fin du dernier trimestre de 2019-2020 et qui a forcé la DPJ à revoir ses façons de faire. « Les services ont été adaptés, mais ont été maintenus. Quand c’était possible, on est passé en mode virtuel », raconte Josée Morneau.

Sans surprise, la période d’avril à juin 2020 a été marquée par une baisse de 20 % des signalements puisque les enfants n’allaient pas à l’école ou à la garderie. Avec les camps de jour, le déconfinement et le retour à l’école, on observe toutefois une remontée. « On est presque au même niveau que l’an dernier. Ça me rassure », a fait savoir la directrice de la DPJ de la Montérégie qui n’avait toutefois pas en main de données précises.

Durant la période de confinement, la DPJ a été en contact avec les commissions scolaires pour identifier des familles qui pouvaient être plus en détresse. « Nous étions là pour soutenir ceux qui pouvaient être en déséquilibre », a indiqué Josée Morneau qui a souligné la grande complémentarité entre les organismes de la MRC de Pierre-De Saurel et le réseau.

« Les gens se parlent sur ce qui est nécessaire et ensemble, on trouve les bons moyens, souligne-t-elle. Le diction « ça prend un village pour élever un enfant », Sorel ne l’a jamais perdu de vue. »

Plus de personnel, réclame le syndicat

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) estime que l’augmentation du nombre de signalements confirme l’existence de la pénurie de personnel qui sévit dans les services jeunesse.

Pour l’APTS, plusieurs drames pourraient en effet être évités en accordant davantage de ressources en prévention. Pour ce faire, un réinvestissement massif en première ligne s’avère nécessaire afin de mieux soutenir les familles du Québec.

« Pour renforcer les services offerts aux enfants et aux familles du Québec, il est primordial de revoir en profondeur les conditions de travail, d’exercice et de pratique du personnel des services jeunesse (…) qui croule sous la tâche », fait-on valoir par voie de communiqué.

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