4 mars 2020
Cartographie des zones de contraintes relatives aux glissements de terrain
Une fin de non-recevoir pour Saint-Ours et Saint-Roch-de-Richelieu
Par: Sébastien Lacroix
Les municipalités de Saint-Ours et de Saint-Roch-de-Richelieu formulent plusieurs demandes pour protéger les berges.
Photothèque | Les 2 Rives ©

Les municipalités de Saint-Ours et de Saint-Roch-de-Richelieu formulent plusieurs demandes pour protéger les berges. Photothèque | Les 2 Rives ©

Les dispositions demandées par les municipalités de Saint-Ours et de Saint-Roch-de-Richelieu pour adopter la nouvelle cartographie gouvernementale des zones de contraintes relatives aux glissements de terrain n’ont pas été retenues par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH).

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Dans une correspondance adressée aux deux municipalités, le sous-ministre adjoint Stéphane Bouchard leur rappelle qu’elles ne peuvent pas y être soustraites. « Puisqu’il en va de la sécurité des personnes et de la protection de biens », soulève-t-il.

Dans sa lettre reçue au début du mois de février, il indiquait qu’une rencontre serait organisée prochainement entre les ministères concernés et la MRC de Pierre-De Saurel pour faire le point. « D’ici là, la cartographie gouvernementale des zones de contraintes relatives aux glissements de terrain doit s’appliquer pour garantir la sécurité des personnes et la protection des biens », insiste le sous-ministre.

Ce qui ne plaît pas au maire de Saint-Ours, Sylvain Dupuis, qui avait demandé pour une deuxième fois une rencontre avec la ministre du MAMH, Andrée Laforest. « Pour qu’elle nous fasse rencontrer les hauts fonctionnaires et qu’on dise ce qu’on a à dire. Ce qui va arriver, c’est qu’on va encore recevoir les mêmes intervenants régionaux. Eux autres, ils sont obligés d’appliquer la patente, déplore-t-il. Un moment donné, quand tu ne réponds pas aux attentes en bas, il faut que tu montes d’un étage. »

Lors de la dernière assemblée du conseil des maires, Sylvain Dupuis a demandé l’appui des autres conseillers régionaux. Comme il l’avait fait dans Les 2 Rives, l’automne dernier, alors qu’il réclamait sa souveraineté décisionnelle, il ne veut pas que la MRC force leur adhésion.

Il souhaite recevoir le même genre d’appui qu’a obtenu Sainte-Anne-de-Sorel qui conteste l’imposition d’une nouvelle cartographie de zones inondables. La Municipalité fait valoir, études à l’appui, qu’elle ne correspond pas à la réalité.

Il espère aussi avoir le soutien du député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, pour faire avancer le dossier à Québec. « J’ai discuté avec lui cette semaine. J’attends un retour de sa part », soutient le maire de Saint-Ours.

Quelques citoyens touchés ont également écrit au député provincial pour faire valoir l’impact financier et psychologique pour les riverains. Dans les courriels que nous avons reçus en copie conforme, ils déplorent que le gouvernement tente de faire porter l’odieux de leur décision aux municipalités concernées en les obligeant à y adhérer. « Je reçois fréquemment ce genre de courriel. Ça solidifie notre position », confirme Sylvain Dupuis.

Plusieurs demandes

On se souviendra que Saint-Ours et Saint-Roch-de-Richelieu avaient formulé plusieurs demandes, en novembre dernier. Les conseils municipaux exigeaient d’abord que la cartographie soit corrigée afin d’éliminer les erreurs actuellement présentes. Puisque les images ont été prises par satellite, une technologie que plusieurs qualifient d’imprécise.

Ils demandaient également qu’une zone tampon soit insérée à la cartographie, que les droits acquis soient clairement reconnus et qu’il y ait un assouplissement des règles environnementales afin de faciliter la mise en place de mesures de protection des berges.

Les conseils municipaux réclamaient que des mesures soient prises concernant la hauteur de la vague afin d’en rendre les plaisanciers responsables. Puisque des vagues pouvant atteindre parfois un mètre de hauteur sont laissées par des bateaux passant à grande vitesse. Ce qui cause d’importants dommages aux berges et à la végétation.

Ils soulevaient aussi l’importance pour les municipalités d’avoir leur mot à dire quant à la gestion des écluses. Pour qu’au printemps, l’ouverture ne soit effectuée qu’après l’atteinte d’un niveau d’eau à déterminer et jugée sécuritaire pour les berges du Richelieu.

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