26 avril 2021
Une exposition de ceintures fléchées à Saint-Roch-de-Richelieu du 1er au 31 mai
Par: Jean-Philippe Morin

Les ceintures fléchées représentaient une véritable industrie domestique au 19e siècle et c’est ce que l’exposition tendra à démontrer. Photo gracieuseté

Après Brive-La-Gaillarde en France, Vancouver en Colombie-Britannique, Saint-Eustache et Joliette, l’exposition des œuvres de la collection de France Hervieux, de l’Assomption, s’arrêtera à la Maison de la Culture de Saint-Roch-de-Richelieu, au 886, rue Saint-Pierre, du 1er au 31 mai.

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L’exposition Éclairs et flammes en ceinture fléchée représente près de 30 ceintures fléchées qui rendent compte de leur évolution et de leur histoire, du 19e siècle à nos jours. Des panneaux informatifs relatant les origines, les usages, les symboliques, le déclin et la place occupée dans le folklore viendront compléter cette exposition.

La ceinture fléchée traditionnelle pouvait atteindre 4,5 mètres de longueur et de 15 à 30 centimètres de largeur. La plus réputée de toutes, c’est la ceinture fléchée de l’Assomption. Elle est composée de plusieurs séries d’éclairs (zigzags) ou de flammes (losanges) disposées symétriquement de chaque côté du centre appelé cœur.

La majorité des ceintures anciennes trouvées sont de ce type. Leur nombre confirme l’existence d’une véritable industrie domestique dans la région de l’Assomption au 19e siècle. Elles étaient tressées à la main et les femmes pouvaient mettre entre 300 et 400 heures pour confectionner une seule ceinture.

Il y a 100 ans, elle valait 200 $ l’unité. Trop dispendieuse, la ceinture fléchée sera abandonnée au profit des ceintures tissées au métier.

«Depuis 1989, je me fais un devoir de perpétuer cette technique artisanale. Nous devons l’enseigner pour transmettre cet art aux générations futures. C’est un savoir-faire, ce tissage aux doigts est considéré comme un élément du patrimoine immatériel », souligne France Hervieux, artisane flécheuse.

Les ceintures étaient longues, car elles devaient faire deux fois le tour de taille de l’homme pour tenir son capot fermé et le garder bien au chaud durant l’hiver. Les coureurs des bois en portaient puisqu’ils étaient vêtus de gros manteaux. Elles permettaient aussi de garder le dos bien droit. Certains ont avancé que l’origine des ceintures provenait de France ou de l’Écosse.

En visitant l’exposition, il sera possible de découvrir que les Amérindiens échangeaient des fourrures pour avoir la ceinture fléchée devenue également une symbolique pour plusieurs, dont le peuple métis, les patriotes et le folklore québécois. Le Bonhomme Carnaval représente aujourd’hui son principal porte-étendard.

« Nous sommes très heureux d’offrir cette exposition unique aux citoyens de la région. L’entrée est toujours gratuite. C’est donc le moment de faire un détour par chez nous pour voir ce que nous avons à offrir, dans le respect bien sûr des normes sanitaires en vigueur », commente la présidente de la Maison de la culture de Saint-Roch-de-Richelieu, Myriam Arpin.

La Municipalité de Saint-Roch-de-Richelieu a contribué financièrement pour cette exposition, tandis que les Costumières du coin ont prêté le costume de patriotes.

La Maison de la culture sera ouverte tous les samedis et dimanche de 13 h à 16 h, et les mardis et mercredis sur rendez-vous pour les particuliers et les groupes scolaires (en classe bulle). Pour de plus amples informations : www.maisondelaculturedesaint-roch-de-richelieu.org

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