1 mars 2016
Une entente insatisfaisante pour les CPE de la région
Par: Julie Lambert
Les coupures de 120 M$ ont été confirmées dans les CPE du Québec au grand dam des directrices de la région qui sont inquiètes de l’avenir du réseau. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Les coupures de 120 M$ ont été confirmées dans les CPE du Québec au grand dam des directrices de la région qui sont inquiètes de l’avenir du réseau. | Photo: TC Média - Julie Lambert

Malgré des mesures d’atténuation pour faire face aux coupures de 120 M$, les directions des Centres de la petite enfance (CPE) de la région croient que les problèmes seront de retour l’an prochain.

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Le ministre de l’Éducation et de la Famille, Sébastien Proulx, a réitéré son engagement concernant les coupures dans les CPE, mais a annoncé une mesure d’atténuation de 60 M$, le 23 février dernier.

La directrice du CPE La Marelle, Isabelle Guay, estime les coupures pour ses trois installations à environ 62 992$, soit 6% de son budget de 1,7 M$. Ses trois garderies comptent 156 places.

La mesure d’atténuation fait en sorte que le CPE La Marelle recevra 72 228$ pour atténuer ces coupures. Les trois garderies auront donc un surplus de 9236$ pour l’année 2016-2017.

Cette mesure est toutefois loin de satisfaire Mme Guay.

« L’an prochain, nous revivrons exactement la même situation. Le gouvernement fait seulement pelleter par en avant le problème puisque la mesure est seulement pour une année. Le mode de financement a été revu et cela impliquera beaucoup de changements dans nos installations », mentionne-t-elle.

Par exemple, le ratio d’éducatrice par enfant diminuera. Au lieu d’une éducatrice pour huit enfants, le ministère exige maintenant une éducatrice pour 10 enfants. La présence réelle d’un enfant pour éviter les places « fantômes » sera aussi plus surveillée.

Si la présence de l’enfant n’atteint pas 80% des jours prévus à son contrat pour cinq jours, les CPE perdront la subvention accordée par le gouvernement. Ce dernier s’est engagé à payer la différence pour combler un contrat de deux ou trois jours.

La directrice du CPE des Marguerites, Lucie Saint-Germain, n’accepte toujours pas les compressions imposées par Québec. Elle est présentement à mesurer les impacts de ces coupures sur son budget.

« Les coupes sont considérables. Notre mobilisation est loin d’être terminée, on dénonce toujours les coupures. Le changement du mode de financement est un important défi pour mettre en place des services de qualité. Il y a beaucoup d’inquiétudes, on ne se le cachera pas », conclut-elle.

Une première refonte du réseau en 20 ans

Après plusieurs mois de négociations, le ministère de la Famille a confirmé la semaine dernière les compressions de 120 M$ prévues en 2016-2017 dans le réseau des garderies subventionnées.

Le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, a salué le travail de concertation entre les différents partenaires et les quatre associations de Centres de la petite enfance et de garderies privées du Québec qui ont travaillé à trouver des solutions pour assurer la pérennité du réseau.

« Pour la première fois depuis 20 ans, le gouvernement renouvelle la structure de financement des CPE et des garderies subventionnées. […] Aujourd’hui, nous annonçons un cadre de financement stable qui leur assurera une prévisibilité budgétaire jusqu’en 2019 […] », a déclaré le ministre par voie de communiqué.

Afin d’en venir à une entente, le ministre Proulx a mis en place une allocation de transition de 60 M$ qui sera versée seulement en 2016-2017 afin d’éponger une part des coupures. Les garderies devront toutefois rendre des comptes sur l’utilisation de cette somme qui doit servir à financer les services et non augmenter le salaire des gestionnaires.

Selon les calculs du ministère, les subventions baisseront en moyenne de 4,5% (32 800$) pour un CPE de 60 places et de 3,9% (26 583$) pour une garderie privée de 65 places.

La mobilisation sur pause

Les directions des CPE, craintives face à l’avenir du réseau, espéraient voir le gouvernement revenir sur sa décision. Ces dernières avaient lancé une campagne de sensibilisation intitulée CPE en péril, en novembre 2015.

En plus d’avoir installé des affiches devant leurs locaux pour dénoncer les coupures imposées, plusieurs chaînes humaines ont été créées partout dans la province pour mobiliser et sensibiliser le public à leur réalité.

En janvier, le gouvernement avait mis sur pied un comité de négociation sur le financement des CPE afin de trouver un terrain d’entente sur les façons d’éliminer les coupures. Il s’agit de la deuxième coupure importante en quelques mois imposée par le gouvernement du Québec qui avait demandé un effort budgétaire de 74 M$ au réseau en mars 2015.

Résumé du nouveau mode de financement

– Barème distinct tant pour les CPE que les garderies en ce qui concerne les services directs respectant les exigences légales et réglementaires;

· Indexation de la subvention pour l’achat des denrées alimentaires en tenant compte de l’augmentation de l’indice des prix à la consommation;

· Maintien des allocations prévues pour les clientèles particulières (enfants handicapés et enfants issus des milieux défavorisés);

· Ajout de nouvelles allocations pour les petites installations de 32 places et moins, dans les municipalités de moins de 5000 habitants, et pour la garde à temps partiel;

· Bonification des allocations liées aux locaux.

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