21 septembre 2015
Une enquête débusque de nombreux logements déficients
Par: Louise Grégoire-Racicot
L'enquête a révélé que 25% des déficiences découvertes sont les entrées non sécuritaires. | TC Média - Gracieuseté

L'enquête a révélé que 25% des déficiences découvertes sont les entrées non sécuritaires. | TC Média - Gracieuseté

Moisissures, isolation déficiente, entrées non sécuritaires, taux d’humidité élevé, prises de courant dénudées, mauvaise qualité de l’air, robinetterie et tuyauterie en mauvais état, bâtiment détérioré; voilà ce que la dernière visite préventive, menée en 2014 par Action Logement Pierre-De Saurel dans les logements jugés les plus à risques d’insalubrité, a révélé.

Les secteurs visités ont été retenus sur le conseil des directeurs généraux et inspecteurs municipaux des municipalités de la MRC. L’évaluation de la situation est basée sur un règlement de Sorel-Tracy portant sur la salubrité et l’entretien des bâtiments, a expliqué Nathalie La Salle, intervenante dans ce dossier.

Ces problèmes sont récurrents, décrit-elle. Mais ce qui l’a frappée, c’est le silence de la majorité des gens visités et leur résistance à se présenter devant la Régie du logement pour obtenir de leur propriétaire qu’il corrige les déficiences de leur logement.

« La relation qu’ils entretiennent avec leur propriétaire et voisins risquerait de se dégrader, croient-ils. Ainsi vivent-ils dans beaucoup d’incertitude et hésitent à faire respecter leur droit », explique Mme La Salle.

Quant à ceux qui ont répondu à ses questions, ils habitent les rues Guèvremont, Provost, Deguise, Victoria, Limoges, Cardinal-Léger, Bonin, Cadieux, l’Ilménite, Pie X, Pie XI et Montcalm.

Des problèmes récurrents

Sur les 62 logements visités, seulement quelques locataires étaient satisfaits de la relation avec leurs propriétaires. Les autres non.

Les problèmes les plus fréquents sont les entrées non sécuritaires (25%), l’isolation et le chauffage (23,6%) et la détérioration due à l’usage.

« On a noté 114 manquements dans ces 62 logements visités. Mais n’ayant pas d’argent, ils persistent à vivre dans de vieux logements moins chers mais très coûteux à chauffer et ils ont de la difficulté à joindre les deux bouts l’hiver », souligne Mme La Salle.

Ils songent donc à déguerpir, ce qui n’est qu’une solution à court terme, dit-elle, puisqu’ils sont identifiés comme de mauvais payeurs à qui moins de monde veut louer un appartement.

Pour son groupe, il urge que Sorel-Tracy applique ces règlements sur la salubrité et l’entretien des logements. Et qu’elle facilite l’ajout de logements sociaux adaptés à leurs revenus.

Miser sur Habitat Pierre-De Saurel

Les intervenants en logements ne comprennent guère qu’Habitat Pierre-De Saurel, qui souhaite acheter des maisons délabrées et les rénover pour ensuite les louer à prix abordable, n’ait pas encore reçu l’aide financière qu’il demande à la Ville de Sorel-Tracy. Son objectif: acquérir au fil des ans 300 logements.

« Ce qui règlerait une grande partie des problèmes identifiés », dit Jan Heinrich, du CLSC Gaston Bélanger. D’autant rajoute-t-il, qu’une étude déposée en 2015 démontre les impacts du logement sur la santé.

Mais l’organisme a besoin de constituer un fonds de développement. Il demande à la Ville de Sorel-Tracy de lui prêter pour 200 000$ pendant quatre années. Ce que son président René Lachapelle nomme « un fonds patient », remboursable dans 15 ans.

« Mais cela prend une volonté politique qui ne s’est pas exprimée encore », déplore-t-il.

Serge Péloquin en réflexion

Le maire Serge Péloquin veut bien appliquer les règlements sur la salubrité des logements. Mais il reconnait que les propriétaires actuels se diraient traités inéquitablement si la Ville versait une subvention additionnelle au logement social.

« Ils clâment même avoir actuellement 269 logements libres, de qualité, à prix abordable (350$ chauffé) que des locataires mal logés pourraient bénéficier. Je veux d’abord visiter ces logements et j’invite les gens d’Habitat Pierre-De Saurel à le faire avec moi. Je connais aussi une liste de logements insalubres. Je veux comprendre ce qui se passe avant de prendre une décision à ce sujet. Des questions restent sans réponses et je dois les trouver avant que le conseil tranche ce sujet. Il faut discuter du faire quoi et comment. »

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