23 juin 2015
Une cohabitation toujours ardue entre automobilistes et cyclistes
Par: Julie Lambert
Le nombre de collisions entre un véhicule et un cycliste est en diminution dans la région. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Le nombre de collisions entre un véhicule et un cycliste est en diminution dans la région. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

La cohabitation entre cyclistes et automobilistes est possible s’ils respectent les règles, a pu constater le Journal lors d’une enquête réalisée dans les rues de Sorel-Tracy. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

La cohabitation entre cyclistes et automobilistes est possible s’ils respectent les règles, a pu constater le Journal lors d’une enquête réalisée dans les rues de Sorel-Tracy. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

La cohabitation entre cyclistes et automobilistes est possible s’ils respectent les règles, a pu constater le Journal lors d’une enquête réalisée dans les rues de Sorel-Tracy. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

La cohabitation entre cyclistes et automobilistes est possible s’ils respectent les règles, a pu constater le Journal lors d’une enquête réalisée dans les rues de Sorel-Tracy. | Photo: TC Média - Pascal Cournoyer

Le Journal a réalisé un parcours en vélo avec deux membres du Club Cycliste Les 2 HP pour vérifier si le partage de la route entre cyclistes et automobilistes était présent. Le constat est simple : il reste du chemin à faire pour qu’ils soient sur la même longueur d’ondes.

Le partage de la route entre les automobilistes et cyclistes occasionne encore quelques incidents, même s’ils sont en baisse dans la région (voir autre texte).

Les deux amateurs de vélo, Mario Côté et Sébastien Leduc, ont accepté de réaliser un parcours d’une quarantaine de minutes avec le Journal au centre-ville de Sorel-Tracy et sur le chemin des Patriotes pour évaluer les comportements des gens sur le terrain.

Sur son vélo, gracieusement prêté par Bicycle Lamothe, la journaliste a rejoint ses comparses à la Maison des gouverneurs en passant par la piste cyclable de la rue Élizabeth pour traverser la rue Prince.

La traversée a été très difficile puisqu’aucun automobiliste ne souhaitait s’arrêter et la signalisation lumineuse pour traverser ne fonctionnait pas. Une automobile a semblé s’arrêter pour laisser passer le vélo, mais a brusquement changé de décision alors que la journaliste s’engageait. Après un arrêt brusque en plein milieu de la rue, les automobilistes ont laissé le passage ouvert.

Avec les deux cyclistes expérimentés, la journaliste s’est ensuite rendue jusqu’au Rona sur le chemin des Patriotes sans rencontrer beaucoup de situations dangereuses. La bande cyclable est double et malgré tout, les véhicules se tassaient à la hauteur du groupe de cyclistes.

Un seul conducteur a klaxonné le trio sur le chemin du retour vers le boulevard Gagné. « Je ne sais pas si c’était pour nous indiquer qu’il avait une remorque ou si c’était négatif. Je pense qu’il nous avertissait du danger », a souligné M. Côté.

En empruntant le boulevard Gagné en direction du centre-ville, les automobilistes semblaient conscients de la présence des vélos et empruntaient la voie de gauche pour laisser de l’espace aux cyclistes puisque plusieurs voitures étaient stationnées dans l’accotement.

Les choses se sont un peu corsées à la hauteur du Provigo où l’espace est plus restreint et où les voitures passent très près des cyclistes. Une voiture a d’ailleurs obligé les cyclistes à freiner brusquement à une intersection puisqu’elle se trouvait sur la voie de l’accotement.

Malgré quelques freinages brusques, la balade a démontré que la cohabitation est possible à condition de se respecter les uns les autres, pensent les deux membres du club de vélo.

« On sait qu’il y a des efforts à faire de chaque côté même si lors de notre sortie aujourd’hui, c’était tranquille. Ce n’est pas toujours le cas. Il faut faire preuve de respect des deux côtés et quand on le fait, les accidents peuvent être évités », conclut M. Leduc.

La sensibilisation porte ses fruits

Les campagnes publicitaires de la Société de l’assurance automobile du Quéec (SAAQ) et la sensibilisation de la Sûreté du Québec (SQ) semblent porter leurs fruits puisque le nombre de collisions entre automobilistes et cyclistes a diminué sur le territoire de la MRC de Pierre-De Saurel.

Les données obtenues auprès de la SAAQ démontrent que l’an dernier, seulement huit cyclistes ont été victimes d’une collision avec un véhicule dans la région. Les accidents ont seulement occasionné des blessures légères comparativement en 2013 où un décès a été enregistré.

Plusieurs cyclistes ont déjà été blessés ou ont évité de justesse un accident, souligne le président du Club cycliste Les 2 HP, Mario Côté. En revenant de Verchères par la route 132, il s’est fait couper lui-même par une automobiliste, raconte-t-il.

« Elle a tourné à droite et j’ai dû freiner brusquement. Sur la route, on a toujours un risque potentiel. Chaque année, il arrive fréquemment que les conducteurs ne songent pas à regarder s’il y a des cyclistes. Nous ne sommes pas mieux parfois puisque certains cyclistes ne font pas leurs arrêts obligatoires. »

Son collègue Sébastien Leduc a aussi été blessé lors d’une collision avec une moto l’an dernier. Le chauffeur a également tourné brusquement alors que lui et son frère allaient à une bonne vitesse sur la route. Résultat : une clavicule cassée dans son omoplate.

« On voit une nette amélioration depuis cinq ans, surtout depuis que trois cyclistes ont été happés à mort en 2010 à Rougemont. On pense que les gens sont un peu plus conscients et font davantage attention autant du côté des cyclistes que des automobilistes », souligne M. Leduc.

M. Côté a aussi vu une nette amélioration des comportements envers les cyclistes au cours des dernières années. Par exemple, s’il ne voyait jamais un automobiliste s’arrêter à la traverse du boulevard Poliquin à la hauteur du Saint-Hubert, ils le font fréquemment pour les laisser passer maintenant, assure-t-il.

Selon la porte-parole de la Sûreté du Québec, Ingrid Asselin, plusieurs actions de sensibilisation ont lieu sur le territoire. Les policiers vont dans les écoles parler aux jeunes de la sécurité en vélo et quelques opérations de sensibilisation ont eu lieu près des intersections.

Une patrouille parcourt également les parcs et les pistes cyclables de la région afin de rencontrer les gens, mentionne-t-elle.

« Les cyclistes sont soumis aux mêmes règles que les automobilistes. Ils peuvent également avoir des points d’inaptitude et des amendes s’ils ne respectent pas le Code de la sécurité routière. »

Nombre de victimes cyclistes selon la nature des blessures, 2009 à 2014 dans la MRC de Pierre-De-Saurel
Nature des blessures 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Mortelles 0 0 0 0 1 0
Graves 1 1 1 1 0 0
Légères 16 13 13 14 11 8
Ensemble des victimes 17 14 14 15 12 8
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