29 mai 2020
Une baleine à bosse aperçue à Sorel-Tracy
Par: Sébastien Lacroix
La baleine à bosse a d’abord été observée, vendredi avant-midi, près de l’île de Basque, à Sainte-Anne-de-Sorel, puis de l’autre côté de l’île à Pierre.
Photo Wikipédia

La baleine à bosse a d’abord été observée, vendredi avant-midi, près de l’île de Basque, à Sainte-Anne-de-Sorel, puis de l’autre côté de l’île à Pierre. Photo Wikipédia

Un rorqual à bosse mesurant de 13 à 17 mètres a été aperçu près du traversier qui relie Sorel-Tracy et Saint-Ignace-de-Loyola, de l’autre côté de la batture de l’île à Pierre dans l’archipel du lac Saint-Pierre.

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D’abord observé à Québec, le 26 mai, puis dans le secteur de Bécancour, le 28 mai, tout porte à croire qu’il se dirige vers Montréal. Ce qui soulève plusieurs inquiétudes étant donné que la baleine n’est pas dans son habitat naturel, elle qui ne s’aventure généralement pas au-delà de Tadoussac. D’autant plus qu’elle se retrouve dans un secteur où il y a beaucoup de navigations commerciales et de bateaux de plaisance.

« C’est inquiétant, parce qu’elle risque d’avoir une collision, fait valoir la porte-parole Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Marie-Ève Mueller. Elle est dans un milieu très inhabituel. Ça peut la stresser. Parce qu’elle est dans un secteur qui n’est pas le sien et on ne sait pas comment elle peut réagir. »

Des agents des pêches de Pêches et Océans Canada patrouillent en ce moment le secteur pour documenter la situation. On veut aussi s’assurer du respect de la distance de 100 mètres entre les navires et la baleine. Les gens qui l’aperçoivent sont priés de contacter la ligne d’urgence du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM) au 1 877 722-5346.

Selon le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), il s’agirait de la première fois qu’un mammifère marin de cette taille s’avance aussi loin sur le fleuve. Des bélugas ont déjà été observés près de Montréal, mais jamais un rorqual de cette taille.

Il serait étonnant que la diminution de l’activité humaine en raison de l’actuelle pandémie puisse expliquer la présence d’une baleine à bosse à cette hauteur du fleuve Saint-Laurent. « Elle ne vient pas en eau douce, donc on ne peut pas dire qu’elle reprend sa place. Parce que ce n’est pas un milieu qui est viable pour elle », explique Marie-Ève Mueller.

La principale hypothèse qui est retenue jusqu’ici est qu’elle se soit écartée ou qu’elle soit désorientée. C’est pourquoi la stratégie qui est privilégiée est de la laisser retourner d’où elle vient par elle-même.

« La meilleure solution est de laisser la nature suivre son cours. C’est ce qui marche le mieux dans des cas comme ceux-là, continue la porte-parole du GREMM. Il y a déjà eu des cas où l’on a tenté de l’attirer dans un autre sens en émettant des sons. Il y en a qui ont même déjà installé des barrières physiques, mais ç’a rarement fonctionné. Chaque fois qu’on essayait de la repousser, elle cherchait à revenir, à revenir et à revenir. C’est très difficile de savoir. Peut-être que son état de santé fait en sorte qu’elle est désorientée et qu’elle explore de nouveaux territoires. »

Ce cas unique en son genre est tout de même très intéressant pour un organisme comme le GREMM qui échange des connaissances avec d’autres experts dans le monde. « Ça nous permet de documenter des cas exceptionnels, de raffiner nos méthodes et de partager notre expérience », précise-t-elle.

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