1 septembre 2015
Un vétéran se remémore la Deuxième Guerre mondiale
Par: Sarah-Eve Charland
Le vétéran Jean Trempe se remémore sa participation à la Deuxième Guerre mondiale il y a 70 ans. | TC Média - Sarah-Eve Charland

Le vétéran Jean Trempe se remémore sa participation à la Deuxième Guerre mondiale il y a 70 ans. | TC Média - Sarah-Eve Charland

« J’ai vu le meilleur et le pire de l’être humain », se remémore le vétéran sorelois Jean Trempe, 90 ans et en pleine forme, qui a risqué sa vie pour défendre son pays en Europe lors de la Deuxième Guerre mondiale il y a aujourd’hui 70 ans.

« Des fois, je suis dans mon lit, le soir, et je me dis que ça ne se peut pas. J’ai vu des choses sales, cruelles et dégueulasses. Pourtant, c’était des gars comme moi », se souvient-il.

Le 70e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale se déroulera le 2 septembre. Même si son engagement dans l’armée lui rappelle de mauvais souvenirs, M. Trempe se montre très fier de son implication. Rencontré à sa résidence de Sorel-Tracy, il a tout de suite exhibé ses médailles et ses photos de l’époque.

Il s’est enrôlé dans l’armée en 1943 à l’âge de 18 ans même si sa famille désapprouvait. Il s’est entraîné comme artilleur au camp d’entraînement à Longueuil. Peu de temps après, il a appris qu’il devrait quitter le pays pour se rendre en Europe.

« J’ai été dire au revoir à mes parents. Ma mère m’a pris par les épaules et m’a dit : Regarde-moi, parce que c’est la dernière fois », raconte-t-il.

Une guerre sans merci

Rendu en Angleterre, il s’est porté volontaire pour faire partie de l’infanterie. Il a fait partie du Régiment Maisonneuve de Montréal qui s’est rendu en France. Lors du débarquement de Normandie, il a fait partie de la 2e division à se rendre sur les lieux.

« La 3e division est débarquée avant nous. Il y avait des milliers de bateaux. Je ne veux pas m’attribuer le mérite de cette bataille-là. Ça n’a toutefois pas été facile. Les avions nous ont bombardés. Nous avons perdu beaucoup de camarades, même des capitaines et des lieutenants », se rappelle-t-il.

Par la suite, son régiment s’est promené de village en village afin de les libérer de l’occupation allemande. « Un gars de 18 ans, ça ne pense pas. Si le régiment avançait, j’avançais. »

L’un des moments marquants de la guerre est celui où son régiment composé d’une centaine de soldats a été pris au piège par l’armée allemande. « Un autre soldat et moi, on a été les moins blessés. Il y a eu des morts. Des soldats ont perdu des membres. Le yable était aux vaches comme on dit. »

Au moment de l’armistice, M. Trempe s’est porté volontaire afin de rester une année supplémentaire pour l’occupation d’après-guerre en Allemagne. Lorsqu’il est rentré au Canada, il a profité de la vie pendant près d’un mois avant de devoir faire face à nouveau avec la mort. Il a appris que sa mère était morte depuis deux ans.

« J’avais tellement hâte de revoir mes parents. Savoir que ma mère était morte depuis deux ans alors que je croyais qu’elle était vivante m’a démoli. J’ai mangé un mauvais coup. Cela m’a pris plusieurs années pour m’en remettre. »

Maintenant âgé de 90 ans, M. Trempe a accompli de grandes choses. Il a participé à des dizaines de marathon et de courses du portageur.

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